Téhéran tire des missiles en pleine crise sur le nucléaire

Au moment où Américains et Israéliens n’écartent pas l’option militaire dans la crise du nucléaire iranien, l’armée d’élite iranienne tire des missiles à moyenne et longue portée. La chaîne de télévision en arabe Al-Alam a affirmé que neuf missiles ont été lancés dans le cadre de manoeuvres, notamment un «Shahab 3 équipé d’une charge conventionnelle, d’un poids d’une tonne et d’une portée de 2.000 km».
Quelque 1.000 km séparent la frontière ouest de l’Iran d’Israël. Ces tests interviennent dans une période de tension croissante avec l’Occident autour du programme nucléaire iranien, alors que Téhéran refuse de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium. Les Gardiens de la révolution ont commencé lundi des manoeuvres navales et balistiques, intitulées Grand Prophète III, avec pour objectif d’améliorer leurs «capacités de combat». «Le but de ces exercices est de montrer que nous sommes prêts à défendre l’intégrité de la nation iranienne», a déclaré mercredi le commandant des forces aériennes des Gardiens de la révolution Hossein Salami, cité par Al-Alam. «Nos missiles sont prêts à être lancés n’importe où, n’importe quand, vite et avec précision», a-t-il dit. «L’ennemi ne doit pas répéter ses erreurs. Ses cibles sont sous notre surveillance», a-t-il ajouté. Outre le Shahab 3, des missiles Zelzal, d’une portée de 400 km, et Fateh, d’une portée d’environ 170 km, ont également été lancés, a précisé la chaîne en langue anglaise Press-TV. Elle a montré des images du Shahab 3 au moment de son lancement dans une zone désertique non identifiée d’Iran. Le chef de la marine des Gardiens de la révolution, l’amiral Morteza Safari, a affirmé que ses forces «voulaient montrer leur capacité à faire face à tout aventurisme» des ennemis de l’Iran, a rapporté mercredi l’agence Fars. Des navires britanniques et américains ont de leur côté achevé mardi cinq jours de manoeuvres dans le Golfe visant à la protection des installations pétrolières, selon la 5e flotte américaine basée à Bahreïn. Le chef d’état-major de l’armée iranienne avait averti samedi que son pays fermerait le détroit stratégique d’Ormuz, dans le Golfe, par où transite environ 40% du pétrole mondial, si ses intérêts étaient en jeu. Mardi, l’Iran avait menacé de « mettre le feu » à Tel-Aviv et à la flotte militaire américaine dans le Golfe en cas d’attaque contre ses installations nucléaires, au moment où des grandes puissances l’exhortent à suspendre toute activité liée à l’enrichissement d’uranium.

 • Farhad Pouladi (AFP)

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