Terrorisme : La leçon britannique

Terrorisme : La leçon britannique

Jeudi 7 juillet 2005, alors que les Britanniques s’apprêtaient à célébrer la nomination de Londres pour organiser les Jeux Olympiques de 2012, la capitale se réveille par une série d’attentats les plus meurtriers jamais commis sur le sol britannique. Les attaques ont visé, en l’espace de 56 minutes, trois rames de métro et un autobus, au cœur de la ville.
Une première explosion s’est produite en plein tunnel près de la station de Liverpool Street, dans le quartier financier de la City. Cinq minutes plus tard, une deuxième bombe explose dans une rame circulant entre les stations de King’s Cross et Russell Square.
Une autre déflagration, cette fois-ci dans la station d’Edgware Road, éventre un wagon et endommage deux autres rames, avant qu’une dernière attaque ne vise un bus  impérial.
Quelques instants après, le Premier ministre Tony Blair fait une première sortie médiatique pour rassurer l’opinion publique. Dans son discours, Blair désigne clairement la nébuleuse djihadiste. Affirmant que tout le monde sait que ces gens agissent au nom de l’Islam, il précise qu’il faut distinguer ces terroristes de l’immense majorité des musulmans. Il a, par ailleurs, promis une action intense de la police et des services de sécurité pour s’assurer que les responsables seront traduits en justice.
Suite à ces déclarations et celles du ministre des Affaires étrangères, Jack Straw, qui a estimé que les attaques "présentent toutes les caractéristiques de l’organisation terroriste Al-Qaïda", tout le monde s’attendait à une série d’arrestations similaires à celles qui ont suivi les attentats du 11 septembre ou celle du 11 mars.
Pourtant, les jours s’écoulèrent et aucune arrestation ne fut signalée. Pas de chasse aux sorcières. L’enquête avançait doucement mais sûrement. Devant cette situation, les spéculations se sont multipliées. Plusieurs noms apparurent dans la presse comme étant les auteurs. Les autorités britanniques ne se sont pas pressées de pointer du doigt quiconque sans en avoir les preuves.
La quête des preuves ne fut pas facile. En effet, dans le tunnel où se sont produites les explosions, les conditions d’investigation se sont révélées être extrêmement dures.  Une haute température doublée  d’une poussière aveuglante venaient compliquer le déroulement de l’enquête; pourtant les investigateurs n’ont pas baissé les bras.
Au bout d’une semaine, les éléments de la police britannique livrent les premiers noms des suspects. Le Scotland Yard annonce qu’il a réussi a identifier les auteurs des attentats grâce à des éléments trouvés sur les lieux des attentats: permis de conduire, carte de crédit…etc.
Comment des organisateurs d’une telle opération pourraient laisser des traces aussi évidentes ?  Selon des experts, ceci est probablement un signe que ces gens auraient laissé délibérément dans l’espoir d’être reconnus comme des martyrs.
Pour s’assurer de leur implication, les enquêteurs britanniques ont approfondi l’enquête. Après avoir visionné plusieurs caméras de surveillance, ils finiront par trouver une vidéo qui montre les quatre hommes à la gare de Luton le matin des attentats portant tous de gros sac à dos. Certains ont dit que l’inculpation de ces gens devenait évidente. Toujours et en gardant leur sang froid, les Britishs ne se sont pas pressés de crier victoire.
Bien que la preuve que ces gens apparaissent ensemble sur la photo restait à vérifier, la possibilité de leur voyage ensemble aussi. Pour s’en assurer, un appel aux témoignages fut lancé par le Scotland Yard. Ils ont demandé à toute personne ayant vu ces hommes ensemble dans les jours précédant les attaques ou toute personne ayant n’importe quelle information sur eux de se manifester.
Enfin, et alors que tout le monde s’attendait à ce que les investigateurs anglais donnent leurs conclusions finales, l’enquête finit par prendre une ampleur internationale afin de prouver un lien entre ces hommes et le réseau d’Al-Qaïda.
Face à ce drame, les enquêteurs britanniques ont mené une enquête digne d’un roman de Sherlock Holmes. Avec un sang froid et un esprit calme, sans aucune précipitation ni faux pas, les forces de sécurité londoniennes ont donné une véritable leçon au monde entier en matière d’investigation sur le terrorisme.

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