UE : Des élections marathon

Les Pays-Bas et le Royaume-Uni ouvreront le bal en votant dès jeudi. L’Irlande et la République tchèque suivront vendredi, l’Italie, Malte et la Lettonie samedi. Le reste de la troupe se rendra aux urnes dimanche.
Les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) partent favoris pour garder leur domination face à la gauche à l’Assemblée de Strasbourg, qui comptera 732 députés contre 626 lors de la précédente législature.
Mais la participation, qui menace d’être l’une des plus faibles depuis un quart de siècle, et le score des eurosceptiques, notamment dans les 10 Etats entrés le 1er mai, sont deux enjeux majeurs. Depuis la première élection de 1979, les européennes ont toujours fait figure de scrutin de « seconde zone » et l’édition 2004 ne déroge pas à la règle.
Selon l’institut EOS Gallup, 49% seulement des électeurs se disent « certains » d’aller voter. Au dernier scrutin de 1999, la participation avait déjà battu un record de faiblesse à 49,8%.
La désaffection des électeurs est particulièrement sensible chez les nouveaux adhérents, où les flonflons de l’élargissement se sont déjà tus. Les sondages font craindre une abstention de 70 à 80% en Pologne ou en République tchèque.
En dépit d’échéances cruciales (Constitution, candidature de la Turquie) et des pouvoirs croissants du Parlement européen (PE), les grands débats européens ont peiné à s’imposer dans la campagne. « Dans chaque pays, comme d’habitude, les électeurs vont voter pour ou contre leur gouvernement national », estime le président de la Commission européenne, Romano Prodi.
« L’élection à venir ressemble moins à une consultation à l’échelle européenne qu’à 25 scrutins parallèles dans chacun des Etats membres », renchérit une étude du Centre for European Policy Studies (CEPS) de Bruxelles. En Allemagne, dotée du plus gros contingent d’eurodéputés (99) au PE élargi, la droite espère un vote sanction contre les réformes économiques impopulaires du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder.
Le scrutin s’annonce aussi difficile pour le président Jacques Chirac en France, où la gauche rêve de rééditer son triomphe des régionales de mars. Tony Blair n’est pas mieux loti au Royaume-Uni, face aux mécontents de sa politique en Irak. Silvio Berlusconi non plus, qui tentera d’enrayer en Italie plus d’un an de défaites, lors d’un scrutin couplé à d’importantes élections locales.

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