Un nouvel attentat suicide fait huit morts, dont un général

Un nouvel attentat suicide lundi a fait huit morts, dont un général pakistanais, à Rawalpindi près d’Islamabad, alors que les islamistes proches d’Al-Qaïda et des talibans se disent prêts à négocier la paix avec l’ex-opposition, vainqueur des législatives. L’attaque a également fait 25 blessés. Le général Mushtaq Baig, chirurgien en chef des services médicaux de l’armée, a été tué sur le coup quand un kamikaze a précipité sa voiture bourrée d’explosifs contre son véhicule en plein centre de la principale ville-garnison du Pakistan. C’est dans cette mégalopole très populaire de Rawalpindi qu’ont été perpétrées bon nombre des attaques de la vague d’attentats sans précédent qui ensanglante le pays depuis des mois, attribués ou revendiqués par les militants islamistes radicaux proches d’Al-Qaïda et des talibans. Ces derniers avaient fait de 2007 l’année la plus meurtrière de l’histoire du Pakistan dans le domaine terroriste, avec plus de 800 morts. Et depuis le début de 2008, près de 170 personnes ont déjà été tuées dans une vingtaine d’attentats.
Une majorité d’attentats, notamment ceux perpétrés à Rawalpindi, visent les forces armées ou la police. Mais c’est la première fois qu’un officier supérieur est tué.
Ce nouvel attentat intervient une semaine après les élections législatives et provinciales du 18 février, qui ont marqué la victoire des partis de l’opposition au président Pervez Musharraf, auquel les combattants fondamentalistes, ainsi qu’Oussama Ben Laden lui-même, ont déclaré le « jihad », la guerre sainte. Dimanche, le leader des talibans pakistanais, Baïtullah Mehsud, chef d’une tribu du nord-ouest du pays réputé avoir fait allégeance à Al-Qaïda, s’est dit prêt à engager des négociations de paix avec l’opposition victorieuse aux législatives. Baïtullah Mehsud a toutefois mis en garde les partis de la défunte Bhutto et de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, qui s’apprêtent à former un gouvernement de coalition, contre la poursuite de la «guerre contre le terrorisme» engagée par le président Musharraf depuis qu’il est devenu l’allié-clé des Etats-Unis fin 2001. Le chef de l’Etat a lancé son armée dès 2002 dans les zones tribales du nord-ouest, frontalières avec l’Afghanistan, pour y combattre les islamistes pakistanais et leurs protégés, les talibans. 

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