Visite historique du président iranien à Bagdad

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé dimanche en Irak pour une visite de deux jours sans précédent pour un chef d’Etat iranien dans l’histoire contemporaine des deux pays voisins. Le ministre, Hoshyar Zebari, qui doit accueillir le président iranien, a affirmé que son avion, en provenance de Téhéran, avait atterri à l’aéroport international de Bagdad à 09h05 locales. Avant son arrivée à Bagdad, M. Ahmadinejad a affirmé que cette visite permettrait de renforcer les relations entre l’Irak et l’Iran, deux puissances régionales à majorité chiite ennemies durant le régime de Saddam Hussein. «J’espère que ma visite sera une grande étape dans le renforcement des liens fraternels entre les deux nations», a dit M. Ahmadinejad à des journalistes.
Cette visite s’annonce comme un bras de fer entre Téhéran, accusé par l’Occident de chercher à se doter de l’arme nucléaire et de déstabiliser son voisin, et les Etats-Unis, qui disposent de 158.000 soldats en Irak. «Nous considérons que l’insécurité, les désaccords et les tensions sont orchestrés par les occupants de l’Irak», a assuré M. Ahmadinejad, démentant de nouveau les accusations américaines d’ingérence. Le président américain George W. Bush a répondu dans une mise en garde nette, affirmant que Téhéran devait «arrêter d’exporter la terreur». «Le message doit être +cessez d’envoyer des équipements sophistiqués qui tuent nos citoyens» en Irak, a ajouté M. Bush. Les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l’Iran ont été rompues en 1980 mais Washington et Téhéran ont tenu l’an dernier trois séances de discussions sur la sécurité de l’Irak, en dépit des tensions croissantes autour du programme nucléaire iranien. La visite de Mahmoud Ahmadinejad, considéré comme un dangereux extrémiste par Washington, notamment pour ses propos sur l’élimination d’Israël, sera la première d’un chef d’état iranien depuis la fin du règne de la dynastie des Pahlavi en Iran. En 1980, le régime de Saddam Hussein avait lancé une offensive contre la République islamique naissante, plongeant les deux pays dans un conflit sanglant qui allait durer huit ans et coûter des centaines de milliers de vies. En dépit d’un cessez-le-feu établi en 1988, les relations bilatérales n’allaient pas se normaliser jusqu’à la chute de Saddam Hussein. Depuis la fin du régime baassiste, les relations se sont rapidement améliorées, avec l’installation à Bagdad d’un pouvoir dominé par des dirigeants chiites qui ont souvent vécu en exil en Iran sous Saddam Hussein.

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