Zaeef arrêté, le mollah Omar introuvable

Au moment où George W. Bush réaffirmait dans un discours sa détermination d’en finir avec le terrorisme, le mollah Mohammed Omar échappait une nouvelle fois, samedi, à ses poursuivants américains et afghans, dans la province d’Helmand (Sud).
Si «les membres d’Al-Qaïda ne peuvent plus considérer l’Afghanistan comme un refuge», comme souligné par le président américain, les deux chefs les plus recherchés restent malgré tout introuvables. Inspirant les scénarios les plus rocambolesques, le mollah Omar s’est ainsi volatilisé en empruntant une moto, avec quatre ou cinq de ses compagnons. Et rejoint, dans sa partie de cache-cache, Oussama Ben Laden, dont Washington reconnaît avoir tout simplement perdu la trace.
Ce «jeu» pousse donc les stratèges américains à redoubler d’imagination. Avec une récompense de 25 millions de dollars à la clé pour Ben Laden (10 millions pour le mollah), l’armée américaine tente de délier les langues et distribue des milliers de tracts montrant le milliardaire saoudien sans barbe et en costume occidental…
Les forces spéciales continuent parallèlement de fouiller méticuleusement les grottes de Tora Bora (Est), endroit où Ben Laden avait été vu pour la dernière fois, tandis que l’aviation bombarde toujours des camps présumés de son réseau dans l’Est du pays. En vain. Cependant, si le mollah Omar et le chef du réseau Al-Qaïda ont réussi encore à passer entre les mailles du filet, les efforts américains ont pu porter leurs fruits ces deux derniers jours avec l’arrestation de Daïf, l’ambassadeur taliban au Pakistan, et la capture d’un haut dirigeant d’Al-Qaïda. Le porte-parole des Taliban à Islamabad, Abdul Salam Zaeef, est ainsi actuellement détenu et interrogé à bord du navire américain USS Bataan, «pour déterminer ce qu’il sait, et toute information qu’il pourrait détenir pour aider à comprendre les relations entre les Taliban et le réseau Al-Qaïda». Le responsable, qui avait eu son heure de gloire au début de la guerre, lorsqu’il animait quotidiennement des conférences de presse pour dénoncer les bombardements américains, a été remis à Washington par le Pakistan dans la nuit de vendredi à samedi.
Au total, les forces américaines affirment d’ailleurs détenir plus de 300 Taliban ou membres du réseau islamiste. Samedi soir, les Etats-Unis se félicitaient aussi de l’arrestation Ibn Al Shaykh Al Libi, «le plus haut dirigeant d’Al-Qaïda à être passé sous (leur) contrôle». Livré par le Pakistan et emprisonné à Kandahar, Ali Libi était responsable de l’entraînement paramilitaire dans le camp de Khaldan, par où sont notamment passés Zakaria Moussaoui et Ahmed Ressam. Il est l’un des 12 membres d’Al Qaïda à figurer sur la première liste d’organisations et d’individus dont les avoirs ont été gelés par l’administration Bush le 26 septembre dernier, dans le cadre de la «lutte contre le terrorisme».

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