Abdelmajid Bouzoubaâ : «Un SG du parti ne doit pas se présenter aux élections»

Abdelmajid Bouzoubaâ : «Un SG du parti ne doit pas se présenter aux élections»

ALM : Comment évaluez-vous vos chances pour ces élections ?
Abdelmajid Bouzoubaâ : Il est difficile d’évaluer nos chances, mais nous sommes représentés dans pratiquement toutes les provinces du Royaume dont les provinces sahariennes et nous avons des organisations féminine et de jeunesse déjà constituées. Ce sont des atouts qui nous permettent d’aller de l’avant et d’obtenir le maximum de sièges. Mais étant donné le pluripartisme qui caractérise la scène politique nationale, le nombre de sièges sera partagé.
Néanmoins, nous souhaitons que le scrutin soit transparent et le taux de participation important, ce qui va donner la légitimité populaire aux institutions issues des urnes.

Pourquoi, contrairement aux élections de 2002, ne vous-êtes vous pas présenté pour ce scrutin ?
Je pense qu’un secrétaire général d’un parti politique ne doit pas se présenter aux élections. Il a beaucoup de responsabilités et doit se donner un peu de recul. Il participe certes à la campagne électorale et apporte son appui aux candidats. Et une fois ces derniers élus, il intervient également en tant que conseiller et guide. Il oriente les élus et leur apporte son soutien.

Est-ce que votre scission avec le CNI ne vous a pas affaibli ?
Nous avons organisé un premier mouvement de contestation en mars 2001 lors du 6ème congrès de l’USFP. Nous avons annoncé que le CNI était la continuité de la véritable USFP. Cinq années après, les mêmes bavures pour lesquelles nous avons quitté l’USFP se sont reproduites au sein du CNI.
Nous, les anciens militants de l’USFP, nous avons quitté le CNI et avons été obligés d’aller vers un parti socialiste apuré et restés fidèles aux principes du mouvement socialiste au Maroc. Et la majorité des militants socialistes qui ont gelé leur activité pendant des années, nous ont rejoints. En six mois, nous avons donc réorganisé notre parti à l’échelle de tout le territoire national. Le fait d’avoir quitté le CNI nous n’a donc pas affaibli puisque, contrairement à d’autres partis dont le CNI, lui-même, bien que nous ne soyons pas alliés à d’autres formations, nous avons pu présenter des listes dans 80% des circonscriptions. Nous avons également présenté une liste nationale.

Et pourquoi le PS ne s’est-il pas engagé dans une alliance, à l’instar des autres petits partis ?
Nous avons toujours milité pour un scrutin uninominal à deux tours qui permettrait aux petits partis de connaître leur véritable poids pendant le premier tour et s’engager dans des alliances pendant le second. Au niveau du PS, nous sommes donc favorables à des alliances post-électorales. Quand une alliance est scellée avant le scrutin, il y a beaucoup de problèmes qui peuvent surgir et handicaper la formation. C’est pour cela que, pour moi, il est souhaitable qu’un parti n’ait recours à des alliances qu’après le scrutin.

Quelle est la plus-value que votre parti apporte-t-il aujourd’hui à la gauche ?
Nous jugeons que le multipartisme et la gauche plurielle existent malheureusement. Et cela à cause de deux facteurs. Depuis l’indépendance, les autorités ont interféré dans les affaires intérieures des partis politiques de la gauche. Ce qui a conduit à leur éclatement. En second lieu, les partis de la gauche qui demandent à l’État de se démocratiser ne le sont pas eux-mêmes. Il n’y a pas de démocratie interne et encore moins d’alternance au sein des postes de responsabilité ce qui a eu pour conséquence des éclatements. Je pense que le paysage politique devrait se réorganiser autour de trois pôles, la gauche, la droite et le centre.
C’est ainsi que la plus-value qu’apporte notre parti est celle de la démocratie interne. La décision est prise au sein, non pas du bureau politique, mais des sections locales et secteurs du parti. Le bureau politique n’intervient que pour rassembler les décisions et pour donner son avis avant de les entériner.
Nous avons instauré une régionalisation des instances du parti et le bureau politique n’intervient presque pas dans les affaires qui concernent chaque région. Nous avons également décidé qu’il n’y aura pas plus de deux mandats pour un poste de responsabilité. Et cela, pour assurer l’alternance au sein des différentes instances du parti. Le secrétaire général une fois ses deux mandats écoulés doit prendre du recul et son rôle doit se limiter au conseil. Nous avons, ainsi, instauré une démocratisation à outrance, de la base au secrétariat général du parti.

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