Rabat : Hajoubi et Baddou exposent à la Villa des arts

La Villa des arts de Rabat abrite jusqu’au 30 septembre 2009 l’exposition collective des artistes Azzedine Baddou et Ahmed Hajoubi. Une exposition qui se joindra à la quatrième édition de la nuit des galeries, escapade nocturne qui aura lieu le 16 septembre. Cette manifestation a pour objectif de favoriser et multiplier les rencontres avec l’art. Intitulée «I’Mage», cette exposition collective constitue un itinéraire artistique. Une union entre deux univers plastiques uniques. Entre Ahmed Hajoubi et Azzedine Baddou, le voyage se fait d’une présence à l’autre à coup de visages, de voiliers et d’humeurs incertaines. Un lien énigmatique unit ces deux artistes.
L’imaginaire, l’imagination et l’image sont des éléments que l’on retrouve dans les œuvres de Hajoubi et Baddou. En expérimentant le signe, Ahmed Hajoubi nous embarque à bord du souvenir du premier voyage. Azzedine Baddou, lui, réinvente la pierre et brosse de curieuses rencontres. Une exposition qui inscrit son dernier mot sur le registre de l’imaginaire. Ce n’est pas la première fois qu’Azzedine Baddou expose à la Villa des arts de Rabat. En 2007, de drôles d’objets avaient intégré l’espace de la Villa.
Deux ans plus tard, ils reviennent agrémentés de nouvelles influences. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Azzedine Baddou est natif de Rabat en 1957.
Il a fréquenté l’école spéciale d’architecture de Paris. Ayant parfaitement conscience que l’architecture fait partie intégrante des arts plastiques, Baddou n’a cessé d’expérimenter d’autres formes d’expression. En effet, il s’intéresse à la photographie dans les années quatre-vingt, et bénéficie de plusieurs expositions du temps où il était étudiant.
De son côté et dans le cadre de l’exposition «I’Mage», Ahmed Hajoubi propose un travail qui est une continuité plastique, faisant suite à sa démarche artistique antérieure. Hajoubi glisse vers un concept qui va en s’élargissant et signe le passage de l’obsession par la matière à l’émanation de l’expression. Il quitte progressivement les couleurs chaudes, et se penche plutôt vers des couleurs qu’il considère comme sombres et sobres. Résolu à puiser dans un concept qui lui est particulier. Cicatrice, est l’appellation qu’Ahmed Hajoubi a choisi pour ses toiles, exposées dans la Villa des arts. Un terme poignant, rappelant ce qui reste d’une blessure douloureuse, d’une écorchure, d’une déchirure.
La trace subtile de ce qui demeure tel un stigmate sur la toile. Pourtant, la peinture de Hajoubi ne raconte aucun drame. Elle refuse même de se faire narratrice d’une histoire.
La cicatrice se rapporte aussi à la métamorphose de la trajectoire de l’homme et du peintre. Après avoir passé son enfance à Guercif, Hajoubi poursuit des études d’arts plastiques à Tétouan, suivi d’un passage par Casablanca. Aujourd’hui Hajoubi vit et travaille à Rabat. La cicatrice est à ce titre une géographie de son parcours personnel et anime généreusement sa démarche.

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