La pauvreté des enfants : Un phénomène peu étudié

La pauvreté des enfants : Un phénomène peu étudié

L’un des défis majeurs pour mesurer la pauvreté de l’enfant dans la région Mena réside dans le fait que dans de nombreux pays, les circonstances ne permettent pas la mise en œuvre d’enquêtes à grande échelle auprès des ménages dont dépend la mesure de la pauvreté de l’enfant.

La pauvreté des enfants doit faire l’objet d’un suivi régulier de la part des gouvernements. Les politiques de développement doivent également tenir compte des analyses faites sur ce phénomène pour déterminer des actions spécifiques. C’est le constat global qui ressort d’une conférence régionale sur «La pauvreté de l’enfant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : de la mesure à l’action» qui se tient du 15 au 17 mai à Rabat. «Pour atteindre les cibles ambitieuses de l’ODD1, il est nécessaire d’assurer une mesure régulière de la pauvreté de l’enfant, mais cela ne sera pas suffisant pour réduire les inégalités affectant les enfants, encore faut-il que les politiques de développement puissent prendre en considération les analyses faites sur la pauvreté de l’enfant et les traduire en des actions spécifiques», a souligné Rachid Benmokhtar Benabdellah, président de l’ONDH au Maroc, lors de cet évènement organisé conjointement par l’Observatoire national du développement humain (ONDH) et l’Unicef. Cette rencontre s’est fixé, entre autres, l’objectif de faire le point sur les efforts à mener pour mesurer la pauvreté de l’enfant au niveau national et dans la région Mena.

Le Maroc ainsi que d’autres pays de la région Mena (Djibouti, Egypte) ont réalisé plusieurs études sur la pauvreté des enfants au cours des dernières années. Actuellement, des études sont en cours ou planifiées, notamment en Algérie, en Égypte, en Iran, en Jordanie, au Liban, en Libye, à Oman et au Soudan. Pour sa part, le Maroc travaille actuellement sur sa deuxième étude sous le leadership de l’ONDH et en collaboration avec le ministère de la famille, de la solidarité, de l’égalité et du développement social. De son côté, l’Egypte finalise sa cinquième étude de la pauvreté des enfants (dont une sous-nationale, focalisée sur les zones urbaines informelles). Ce qui démontre que les études sur la pauvreté des enfants dans la région Mena ne sont pas produites à une fréquence régulière par les bureaux nationaux de statistiques ou d’autres institutions des pays.

«De façon globale, l’évidence relative à la pauvreté des enfants dans la région Mena n’est pas encore produite à une fréquence régulière, elle tend à être plutôt ad hoc et ponctuelle. L’Unicef accompagne les différents pays de la région, y compris le Maroc, pour institutionnaliser la mesure multidimensionnelle de la pauvreté afin que les données produites soient à la base de l’élaboration des politiques de développement de chaque pays», a indiqué Geert Cappelaere, directeur régional de l’Unicef pour la région Mena. Il faut aussi relever que l’un des défis majeurs pour mesurer la pauvreté de l’enfant dans la région Mena réside dans le fait que dans de nombreux pays, les circonstances ne permettent pas la mise en œuvre d’enquêtes à grande échelle auprès des ménages dont dépend la mesure de la pauvreté de l’enfant. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle subsistent d’énormes lacunes dans la connaissance de la pauvreté des enfants dans la région, en particulier dans les pays où le besoin de ce type d’évidence est le plus élevé.

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