Le SNPM fait du lobbiying

Le syndicat a procédé par comparaison entre les textes de 1958 et le projet du code de la presse, considéré comme étant, seulement « amendé ». Le bureau du syndicat a poussé le pragmatisme jusqu’à dresser un tableau reproduisant article par article, l’ancien texte, le projet de texte amendé et les observations du SNPM. Younès Moujahid rappelle qu’une copie de ce tableau a été adressée aux députés et conseillers membres de la commission, accompagnée d’un résumé des observations du syndicat. Une lettre a également été adressée à ce sujet aux présidents des groupes parlementaires.
Ceci pour le volet officiel. En parallèle, Younès Moujahid fait état d’un « lobbiying » des membres du bureau du SNPM auprès des acteurs du dossier en fonction des relations partisanes et des affinités personnelles, afin de les convaincre de la position du syndicat. Dans ce cadre, il y a eu deux réunions des groupes parlementaires de l’USFP et du PI, auxquels ont pris part des membres du bureau du SNPM. Et les contacts, dit-on au SNPM, restent quasi-quotidiens en vue de peser sur la mouture finale du projet de code de la presse.
Les propositions précises du SNPM,confie Younès Moujahid, ont trait à la manière d’élaborer un nouveau code régissant la profession de façon à ce qu’il soit en adéquation avec l’air du temps. A cet égard, le SNPM rejette toute tentative de censure comprise dans le nouveau texte. « Des dispositions qui n’ont pas lieu d’être à l’ère d’Internet et des nouvelles technologies de l’information qui permettent à quiconque de s’informer en toute liberté», relève le SG du SNPM.
Dans le même cadre, le secrétaire général du syndicat estime que si l’objectif du « texte amendé » est de favoriser l’émergence d’une presse responsable, cela « ne devrait pas passer par une réglementation sévère », mais bien à travers « le développement de la profession via des investigations, l’instauration d’une démocratie rédactionnelle, la mise en place de comités rédactionnels et la consécration de la déontologie ». En témoigne, dit-il, le fait que la déontologie de la presse est davantage respectée dans les pays à réglementation souple. Le syndicat continue à s’élever contre les sanctions privatives de liberté prévues dans le nouveau texte, mais également contre « toutes les dispositions à caractère exceptionnel », notamment l’obligation en cas de poursuite pour diffamation de produire des preuves sous 15 jours, « alors que pour d’autres affaires ce délai est élargi à toutes les phases du procès ».
A ce niveau, insiste Younès Moujahid, il faudrait adopter une définition précise de la « diffamation » et faire le distinguo entre critique et diffamation, tout en veillant à consacrer « le principe d’égalité des sanctions en cas de diffamation prouvée ». Le SNPM oeuvre également pour que « le recours soit fait à la seule justice pour l’interdiction ou la saisie de journaux, quitte à ce qu’une procédure urgente soit demandée en cas de besoin ».

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