L’insoupçonnable tueur en série

Jeudi 26 septembre 2002, des éléments de la Gendarmerie Royale et de la police judiciaire ont commencé à ouvrir le local de l’«Agence immobilière Yasmine pour vente, achat et location». Ils entouraient son propriétaire, Husseïne. B, qui baissait la tête, ne pouvant plus regarder ses voisins. Un curieux a avancé entre les badauds et a confié à quelqu’un: «Il a tué quatre hommes, qui étaient tous ses amis…»
Personne n’a pu le croire. «Il ouvrait quotidiennement son agence et accueillait ses clients chaleureusement, sans le moindre problème…», dit l’un des badauds.
Les scènes de la reconstitution des crimes se déroulaient à l’intérieur de l’agence sous les yeux des enquêteurs. Mais personne à l’extérieur ne savait au juste s’il s’agit de reconstitution des crimes d’homicide ou d’autre chose. Plus d’une heure plus tard, les enquêteurs sont sortis de l’agence, conduisant l’agent immobilier vers le fourgon. A ce moment, les dires ont été confirmés : un élément des enquêteurs a hoché la tête à l’adresse d’ un ami qui était entre les badauds en signe de «oui» quand celui-ci lui a demandé si l’information qui circulait était vraie. Les enquêteurs ont repris leur chemin vers le siège du commandement de la Gendarmerie Royale de Ben Slimane. La durée de la garde-à-vue arrivera à son terme le lendemain et la procédure devait être close le plus tôt possible. La loi, c’est la loi et le respect de la procédure est une obligation.
Le procès-verbal de l’accusé est lourd. Il a tué quatre amis et les a brûlés. C’est en 1989 qu’il a perpétré son premier crime. Sa victime était un policier en retraite, qu’il a appelé un jour.
Quand son ami, le policier, lui a répondu, il lui a affirmé qu’il avait une importante transaction commerciale qu’il ne fallait pas rater. Le policier en retraite est arrivé chez lui, à son agence immobilière du quartier El Qods.
Husseïne B a fermé la porte. «On doit rester ensemble…», assure-t-il. Seulement, il a saisi un bâton et un couteau et a asséné un premier coup, puis un deuxième au pauvre retraité. Il lui a lardé le corps à coups de couteau. Il lui a fouillé les poches et a mis la main sur la somme de trente mille dirhams. Il a attendu la tombée de la nuit pour emmener le cadavre jusqu’à un terrain vague, au douar Lagwssema, commune Lafdalate, à Ben Slimane. Il l’a aspergé d’essence et y a mis le feu avant de rebrousser chemin. Il est rentré chez lui calmement comme, s’il n’avait rien commis. Il n’a attiré l’intention de personne, surtout qu’il était discret. Husseïne, n’a pas hésité une seconde à recommencer quand il avait besoin d’argent. Il a choisi cette fois-ci son ami, hadj Mohamed.S, pour récidiver, et pour (re-)récidiver une troisième fois, il a ciblé son ami, Othman.E. Il les a tués de la même manière que le policier en retraite pour reprendre sa vie comme si rien ne s’était passé.
La première semaine de septembre, Abdelkebir. T, promoteur immobilier, est sorti de chez lui. Il avait déjà avisé sa fille : «Je vais aller voir l’agent immobilier, Husseïne…». Mais depuis, Abdelkébir n’a pas donné signe de vie. Sa fille l’a cherché partout, avant d’aviser la Gendarmerie Royale. «Il m’a dit qu’il allait chez son ami Husseïne qui l’avait appelé à propos d’une transaction commerciale, il lui avait demandé d’apporter une somme importante…» confie-t-elle aux limiers. «Je ne sais pas où il est…Oui, on avait un rendez-vous, mais je ne l’ai pas vu depuis qu’il m’a quitté…», affirme l’agent immobilier aux enquêteurs.
Mais la fille était ferme dans ses accusations : «C’est lui qui sait où il est et s’il est mort ou vivant…», Les enquêteurs se sont dépêchés vers le domicile de l’agent immobilier afin de s’assurer s’il avait une relation avec la disparition du promoteur immobilier ou pas. Surprise : des documents administratifs, dont la carte d’identité nationale d’Abdelkébir, étaient dans un tiroir. «Voilà la preuve…Où est ton ami le promoteur ?», lui demande le chef. «Je l’ai tué et je l’ai calciné.…lui et trois autres personnes…», avoue-t-il enfin.
Vendredi 27 septembre, Husseïne a été emmené vers la Cour d’appel de Casablanca et a été mis entre les mains du parquet général.

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