Oujda : avalanche de jugements contre Al Adl

Mohamed Abbadi, responsable pour l’Oriental d’Al Adl Wal Ihssane et membre du Conseil d’orientation de cette dernière (Majliss al Irchad) a écopé d’une nouvelle amende dans le cadre du procès qui a eu lieu, lundi dernier, devant le tribunal de première instance d’Oujda. Mohamed Abbadi a ainsi été condamné à une amende de 4.000 DH pour avoir tenu une réunion illégale dans son domicile dans le cadre des fameuses "portes ouvertes" de la Jamaâ, commencées en mai 2006. Malgré les protestations de sa défense, la justice a attesté le caractère illégal d’une réunion qui a rassemblé près de 170 membres d’Al Adl Wal Ihssane dans le propre domicile de Abbadi. Ce dernier avait d’ailleurs été mis sous scellés sur décision de la Justice au moment des faits. Le même verdict a été prononcé contre onze adlistes pour des chefs d’accusation similaires, des réunions illégales tenues à Oujda et Aïn Beni-Mathar alors que deux étudiants de la mouvance de Abdeslam Yassine ont écopé d’une amende de 1.000 DH chacun pour distribution de documents illégaux sur la voie publique.
Le tribunal de première instance a par ailleurs ajourné, au 4 décembre, un autre procès impliquant Mohamed Abbadi et six autres membres d’Al Adl. Ils sont poursuivis pour avoir organisé des réunions illégales malgré les avertissements et mises en demeure des autorités de la ville d’Oujda.
Mohamed Abbadi, homme des plus influents au sein de la Jamaâ, a déjà été condamné dans le cadre d’un autre procès en août dernier. Il avait été condamné, en appel, à payer une amende de 150.000 dirhams pour avoir transgressé la législation relative à l’urbanisme. La justice avait d’ailleurs ordonné la destruction du bien immobilier objet du litige.
En mars 2006, le tribunal de première instance d’Oujda avait déjà statué sur l’affaire en condamnant Mohamed Abbadi au versement d’une amende de 30.000 dirhams. C’est d’ailleurs le même domicile de Mohamed Abbadi qui servait de quartier général pour les adlistes de la ville d’Oujda et de l’Oriental en général.
Le 25 mai 2006, soit un jour après le démarrage des "portes ouvertes" d’Al Adl Wal Ihssane, Mohamed Abbadi y avait réuni pas moins de 165 membres de la Jamaâ arrêtés, puis libérés par les services de sécurité. Malgré les avertissements qui lui avaient été adressés, Mohamed Abbadi a persévéré dans l’organisation de telles réunions. C’est ce qui poussera les autorités de la ville à sceller le même domicile. Défiant ouvertement les autorités, Mohamed Abbadi et plusieurs membres d’Al Adl ont enlevé les scellés, une autre entrave à la loi punie récemment par une justice que les adlistes, dans leur littérature-maison, qualifient d’"inféodée au Makhzen"
Dans la seule région de l’Oriental, les forces de l’ordre avaient arrêté près de 1.000 personnes, relâchées pour la plupart après vérification d’identité et établissement d’un procès-verbal. Une bonne partie d’entre eux avaient été appelés à comparaître devant la justice dans le cadre de près de 20 procès. D’autres villes du Maroc ont également connu la tenue de procès contre des membres d’Al Adl Wal Ihssane dont Béni-Mellal, Rabat, Salé, Kénitra, Souk Larbaâ, Taza, Tanger et Taroudant.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *