Une femme face aux armateurs

Une femme face aux armateurs

La nouvelle directrice de la Marine marchande au ministère de l’Equipement et des Transports ne croit pas au principe de Peter, selon lequel tout employé a naturellement tendance à s’élever jusqu’à son niveau d’incompétence. Si Nadia Laraki a été nommée à ce poste, c’est précisément parce qu’elle en a les compétences, l’expérience et la motivation. Et qu’elle est résolue à relever les défis qui attendent son secteur au tournant. Notamment celui de la libéralisation du transport maritime, le plus délicat des dossiers qui l’attendent sur son bureau.
Rayon compétences, le CV de Nadia Laraki est copieux. Maîtrise en mathématiques, ingénieur Ponts et Chaussées et DESS en gestion et administration des entreprises pour la formation, renforcées par un passage de près de deux ans en tant qu’ingénieur stagiaire à la SATEBA, une entreprise française fournisseur de l’ONCF.
Rayon expérience, son parcours dans l’univers des ports commence en janvier1984, lorsqu’elle est nommée chef du bureau technique à la Direction des ports de Casablanca et Mohammédia, chargée de l’élaboration et du suivi du budget, des demandes d’autorisation pour l’exercice d’activités portuaires aux seins des ports de Casablanca et Mohammédia et de la coordination interne.
Moins de deux ans plus tard, elle est promue au poste de chef de la division Infrastructures, chargée de l’entretien et de la maintenance des ports de Casablanca et Mohammédia, des études techniques et du développement des infrastructures des ports et de la gestion du domaine public maritime. Elle s’y consacrera durant près de treize années.
En septembre 1998, elle passe à l’exploitation. Elle est nommée chef de la division Exploitation du port de Mohammédia, chargée du suivi de l’activité des opérateurs, de la sécurité, des procédures et normes d’exploitation, notamment en matière de protection de l’environnement.
En septembre 2001, forte d’une solide expérience de terrain, elle est appelée à faire valoir sa maîtrise de l’activité d’exploitation sur une échelle plus importante, celle du port de Casablanca. Elle est chargée de participer à la conception et la mise en place de la réforme portuaire et de suivre et évaluer l’exploitation au niveau du port de Casablanca. Vaste chantier auquel elle se consacrera durant près de cinq ans, avant de virer de bord vers un tout autre champs de responsabilités, en l’occurrence celui des ressources humaines.
Le 25 mai 2005, elle prend en effet la direction des affaires du personnel et de la formation au ministère de l’Equipement et des Transports. Elle est chargée d’élaborer et coordonner la mise en œuvre de la politique du ministère en matière de gestion des ressources humaines, de coordonner la mise en place d’une nouvelle démarche pour le pilotage des projets et de participer aux projets de modernisation et de restructuration du fonctionnement des services.
Au terme d’un tel tour d’horizon de l’univers portuaire et de la Marine marchande, c’est donc une directrice aguerrie et motivée qui s’est vu confier la charge de relever les défis du secteur, notamment sa dynamique de libéralisation.
Nadia Laraki arrive à son nouveau poste, précédée d’une réputation d’extrême rigueur, assortie de l’autorité indispensable à ce type d’activité et à ce niveau de responsabilité. On en oublierait presque qu’elle est une femme, même si elle se fait un devoir de souligner que depuis une dizaine d’années, l’idée de placer des femmes à des postes de responsabilités dans la fonction publique semble s’être banalisée.
Ce qui n’empêche pas la nouvelle directrice de revendiquer le fait que la féminité constitue un atout dans la mesure où les femmes sont capables d’une meilleure écoute et d’approches plus fines, plus nuancées. Une façon de dire qu’autorité n’est pas incompatible avec sérénité et que la fonction de chef d’orchestre qui est la sienne désormais l’invite à une telle attitude.
Au devant de la scène désormais après avoir longtemps travaillé en coulisses, Nadia Laraki a de la motivation à revendre : celle de contribuer à bâtir l’avenir du secteur.

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