Les coulisses du Festival

Projet d’un Mégarama à Marrakech
De sources proches du Mégarama de Casablanca, on a appris le projet de construction d’un multiplex à Marrakech.  Ce multiplex, qui devrait être bâti à proximité de «Dar Al Bacha » ( quartier Rmila ) sera probablement inauguré pendant l’été 2006. La construction de ce multiplex intervient à un moment où le FIFM grandit considérablement. Avec ce multiplex, la ville ocre s’enrichit d’un nouvel espace cinématographique venant confirmer le label de « Marrakech, ville par excellence du cinéma ».

Le coup de cœur de Saif Ali Khan
Le comédien indien a été fort ovationné mardi soir à Jamaâ El Fna, lors d’un hommage en son honneur. Après avoir reçu son trophée frappé de l’emblème du FIFM, il a prononcé un discours qui a fait vibrer la foule impressionnante qui a fait le déplacement dans l’enceinte mythique de Marrakech.
« En me promenant cet après-midi dans les souks de Marrakech, je ne me suis pas senti dépaysé. Cela prouve que nos deux pays ont beaucoup d’affinités culturelles », a-t-il dit, très ému. Et d’ajouter, à l’intention du grand public qui l’acclamait : « Cela ne m’étonne pas de vous voir ici nombreux ce soir, c’est un témoignage vivant de l’amitié et du respect partagé entre nos deux peuples ». L’acteur vedette a surpris un peu plus la foule quand il a proposé de parler non en anglais,  comme il l’a fait au début, mais en langue hindoue.  Après s’être remarquablement incliné devant le public, le grand acteur s’effaça en compagnie de Mélita Toscan du Plantier, pour laisser place à la projection du film « Kal Ho Naa Ho » où il tient le rôle principal. Un grand moment de cinéma indien.

Le bluff de la chaîne «Al-Jazira»
Si la couverture du 5ième FIFM par la chaîne de télévision qatarie  «Al-Jazira» a été généralement correcte, il n’en demeure pas moins qu’elle a véhiculé quelques propos affabulateurs. Lors de sa dernière couverture, on a entendu cette chaîne avancer que le Festival de Marrakech serait pénalisé par le manque de salles de cinéma.
Or, lors du déroulement du FIFM, ce «manque de salles de cinéma » n’a pas empêché la projection d’un total de 140 films, en compétition ou hors-compétition. 

Le trou de mémoire de Mohamed Majd
Mohamed Majd n’a pas reconnu le visage du réalisateur québecois du film «C.R.A.Z.Y», où il a pourtant tenu un rôle. «J’ai eu de la peine à me remémorer le visage de Jean-Marc Vallée, quand je l’ai croisé au Palais des Congrès», reconnaît ce grand acteur marocain. Jean-Marc Vallée n’a pas été vexé par ce «trou de mémoire» évidemment indépendant de la volonté de Mohamed Majd.
Lors de leur entrevue, le réalisateur de «C.R.A.Z.Y» s’est excusé auprès de Mohamed Majd d’avoir tronqué quelques séquences dans lesquelles il a tourné. Dans ce film, Mohamed Majd apparaît dans une séquence tournée dans le désert marocain, aux côté du héros du film «Zachary Beaulieu». A signaler que ce film est donné par le public favori pour l’Etoile d’Or du 5ème FIFM.

«Bejguenni», le restaurant préféré des artistes
Vieux restaurant situé du côté de Guéliz, « Bejguenni » est la destination préférée des invités du 5ème Festival international du Film de Marrakech. Connu depuis trente-quatre ans pour la qualité de sa nourriture, ce restaurant est un «passage obligé» pour les hôtes de la «ville des Bahjas». Son propriétaire, Abdelaziz Bejguenni, nous a dit avoir accueilli avec fierté le ministre de la Communication, Nabil Benabdallah.
Inauguré en 1971, ce restaurant a su fidéliser les invités de Marrakech en cultivant auprès d’eux l’image d’espace par excellence de rencontre et d’hospitalité. Cette réputation a profité aux autres restaurants bâtis à ses côtés, portant le même nom que «Bejguenni».
Polyvalent, ce restaurant séduit surtout par la qualité de ses grillades.

Le beau stress des taxi-drivers
Le 5ème FIFM  a permis de booster l’activité à Marrakech. Parmi les bénéficiaires de cette embellie, les taxi-drivers qui travaillent d’arrache-pied pour répondre aux besoins des nombreux visiteurs de la ville ocre. «Les initiateurs du FIFM nous ont permis de prendre du service, intensément », se réjouit un chauffeur de taxi.
« Il ne se passe presque pas un moment sans qu’on soit sollicité, tant la demande est forte pendant cette période. Avec le FIFM, on a l’impression que la haute saison n’est pas encore terminée », dit-il, l’air heureux. Autre point très positif, c’est que les taxi-drivers à Marrakech se soucient de plus en plus de la propreté.

Martin Scorsese décoré par SM le Roi Mohammed VI
Après avoir reçu le trophée d’hommage à la soirée d’ouverture du 5ème FIFM, le réalisateur américain Martin Scorsese a été décoré du Wissam du mérite intellectuel
par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, lundi soir au Palais royal de Marrakech.
Ce geste royal hautement symbolique vient couronner en apothéose le parcours d’un grand cinéaste international. Il intervient également comme un très beau cadeau d’anniversaire pour le 63ème anniversaire de la naissance de ce cinéaste.

La surprise de Chopra
Le réalisateur indien Yash Chopra a reçu lundi soir à Jamaa El Fnaa un trophée d’hommage pour l’ensemble de sa carrière. À son arrivée, Chopra a été acclamé par des admirateurs venus nombreux. Même s’ils ne l’ont jamais vu, les Marocains le respectent et admirent ses films.
Des films qu’ils connaissent peut-être par cœur.
«Les Marocains aiment notre cinéma et nous les aimons », a déclaré Chopra, reconnaissant. Le réalisateur avait du mal à cacher sa joie, ce soir là  dans l’enceinte mythique de Jamaa El Fnaa. Mais le moment le plus émouvant de la soirée était la petite surprise préparée par les organisateurs. Il s’agit de la montée sur scène de sa femme pour interpréter un extrait d’une chanson du film Veer Zaraa projeté après l’hommage en plein air sur cette célèbre place.

Larbi Yacoubi, un décorateur en vue
L’artiste marocain Larbi Yacoubi a confié à ALM qu’il avait réalisé le décor et les costumes du film «La dernière tentation du Christ» de Martin Scorsese.
Il aurait aimé être présent sur scène lors de la cérémonie d’ouverture, le jour où Scorsese a reçu cet hommage. «Je suis un peu triste, car on n’a pas pensé à m’appeler sur le podium».
Yacoubi qui a réalisé les costumes des films marocains les plus connus, comme «Ruses de Femmes» de Farida Belyazid, prépare un projet avec le dramaturge Mohamed Zoubir.
Il s’agit d’un livre de cuisine sur la gastronomie traditionnelle de la ville de Tanger. Une petite passion de Yacoubi.

Hors compétition : le film marocain aux abonnés absents
Les cinéastes marocains s’interrogent, la mort dans l’âme, pourquoi aucun de nos films ne figure dans la rubrique «Hors compétition». «Si l’on peut accepter qu’un seul film marocain soit sélectionné en compétition, ce qui relève bien entendu du ressort de la commission de sélection, on ne peut admettre qu’aucun film marocain ne soit présenté hors-compétition», proteste Mustapha Mesnaoui, critique de cinéma. «Nos films ne mériteraient-ils pas de figurer aux côtés d’autres étrangers ? J’ai du mal à le croire, d’autant plus que le cinéma marocain est actuellement en pleine forme. Plus encore, le bon sens veut que le pays-hôte du festival soit suffisamment représenté», plaide un cinéphile.

Le probable jeu de hasard
Le film marocain « El Ayel » en compétition a-t-il des chances de remporter un prix ? Pour avoir une réponse, le journaliste de la TVM M’hamed Bhiri a fait le déplacement du côté de Jamaâ El F’na pour demander une réponse… à une voyante ! Si le jeu de cartes a donné le film de Moumen Smihi gagnant, le « sort » va peut-être en décider autrement. En tout cas, le sentiment avec lequel ce film a été accueilli après sa projection a été plutôt négatif. Circonstance aggravante, nombre de festivaliers se demandaient sur quels critères ce film a été sélectionné, sachant bien que d’autres films comme « La Juanita de Tanger » de Farida Belyazid ou encore « Erragad » de Yasmine Kassari auraient pu faire l’affaire. Jugé indigne de représenter le Maroc en compétition, ce choix pourrait en plus contrecarrer la percée que le cinéma marocain connaît aujourd’hui. «C’est comme si on voulait charcuter le cinéma marocain pourtant en plein essor», martèle un observateur, acéré.

La pluie et Chopra
La rencontre très attendue dimanche après-midi à Jamaâ El F’na n’a pas eu lieu. Au grand dam du grand cinéaste Chopra qui devait recevoir un trophée d’hommage, et des nombreux amateurs marocains du cinéma indien. La pluie, qui s’est abattue abondamment ce dimanche sur Marrakech a amené les organisateurs à annuler cette rencontre espérée.
La pluie a également été à l’origine de l’annulation du photo-call programmé dans l’après-midi de la même journée. Les photographes, marocains et étrangers, ont vivement regretté qu’ils n’aient pu immortaliser ce rendez-vous avec l’un des cinéastes indiens les plus en vue aujourd’hui.

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