Mohamed Lemrabet : «Notre région n’a pas connu les difficultés générées par la crise»

ALM : À Doukkala-Abda, le tourisme est le secteur qui draine le plus d’investisseurs dans cette région.  Quel a été l’impact de la crise sur les projets touristiques à Doukkala-Abda ?
Mohamed Lemrabet : Il est vrai que le tourisme est parmi les secteurs plus touchés par les conséquences de la crise économique internationale, mais, franchement, notre région Doukkala-Abda n’a pas connu les difficultés générées par la récession mondiale. En outre, plusieurs projets touristiques ont pu voir le jour et d’autres sont en cours de finalisation; des maisons d’hôtes, des restaurants, des riads, des campings, des stations balnéaires et le must, le luxueux complexe Mazagan Beach Resort. D’ailleurs, les statistiques du bilan du 1er semestre 2009 ont montré qu’au niveau du nombre de projets, le secteur du tourisme est en deuxième position avec 23% des projets qui ont reçu un avis favorable ce qui représente une part de 16% des montants d’investissements.
En réalité, Doukkala-Abda est une mine d’atouts touristiques ceci explique son intégration dans des programmes nationaux visant à développer le secteur du tourisme, à savoir le Plan Azur et le Plan Biladi.
Au sein de notre établissement, on travaille sur un système de veille stratégique, ce qui nous permet d’être vigilants et plus proches de notre clientèle pour limiter tout éventuel effet pervers de la crise et éviter tout désinvestissement.

La station Mazagan vient d’ouvrir ses portes. Quelle sera la valeur ajoutée de cette station sur la région ?
La station Mazagan Beach Resort a ouvert ses portes le 13 octobre 2009. Aujourd’hui, elle occupe une place très importante dans la carte du tourisme mondial. C’est une nouvelle destination de luxe qui commercialise une offre hôtelière de loisirs et de tourisme d’affaires. Il est évident que ce grand projet qui sera implanté sur une surface globale de 514 Ha, induira une émergence économique et impactera la vie socio-économique de la région Doukkala-Abda. A cet égard, je voudrais souligner un point qui me paraît important, c’est la clientèle cible du Mazagan Beach Resort. Il s’agit d’un genre spécifique de gens d’affaires qui seront intéressés par les atouts de notre région et chercheront certainement à y implanter des projets. En tant que CRI, on déploiera des actions de communication bien ciblées afin de toucher cette catégorie d’hommes d’affaires.    

Certes, la station Mazagan, l’autoroute et l’amélioration du niveau de vie à Safi et à El Jadida relancent la région de Doukkala-Abda, mais quels sont les projets qui ont pâti le plus de la crise économique?
Il est certain que toute crise a un impact négatif sur l’économie des Etats, le Maroc à l’instar d’autres pays a subi les effets de cette récession sans en connaître les méfaits destructeurs. En ce qui concerne la région Doukkala-Abda, le secteur le plus touché est certainement celui du BTP qui accuse un léger recul en comparaison de l’exercice précédent. En ce qui concerne la création d’entreprises, la tendance est à la hausse, surtout dans le secteur des services. Pour ce qui est des autres secteurs, les projets touristiques gagnent en importance.
 
Doukkala Abda est connue aussi pour son agriculture. Comment se déploie le Plan Maroc Vert dans cette région ? Et quelles sont les filières concernées ?
À vrai dire, la région Doukkala-Abda est un grenier pour le Maroc. Ses spécificités et ses potentialités dans le domaine de l’agriculture sont riches et variées. Le déploiement du Plan Maroc Vert dans notre région s’est décliné par la mise en œuvre du Plan Agricole Régional (PAR) qui vise à développer 96 projets susceptibles de générer une enveloppe d’investissements évaluée à 10,5 milliards de dirhams pour la période 2009-2020.
Pour le potentiel agricole de Doukkala-Abda, il concerne une superficie évaluée à 1.234.400 ha et il est scindé en quatre Unités territoriales agricoles (UTA) distinctes qui sont réparties elles-mêmes en filières prioritaires. À ce titre, on trouve la première UTA, «Sahel», qui sera consacrée à tout ce qui a trait au maraîchage, à l’aviculture et à l’apiculture. La deuxième UTA, «Plaine», qui sera réservée aux cultures céréalières et à la production de lait, viande rouge, légumineuses alimentaires et raisin doukkali. La troisième UTA «Grande hydraulique », qui sera destinée à la betterave à sucre, les céréales grains et semences, vigne, maraîchage, lait et viande bovine. La quatrième et la dernière UTA, « Plateaux intérieurs », s’intéressera à l’élevage pour la production de la viande ovine et caprine, l’arboriculture, le cumin, l’aviculture et l’apiculture.

Quel est le potentiel de développement du secteur agroalimentaire?
Le potentiel de développement du secteur de l’agroalimentaire dans notre région se base essentiellement sur la richesse en matière de potentialités agricoles dont regorge Doukkala-Abda et qui sont offertes aux petites et aux grandes entreprises. Aujourd’hui, nous sommes à 38 % de la production nationale de la betterave à sucre, 12 % du cheptel national bovin, 8% du cheptel ovin et 26 % de la production laitière nationale. Le développement de ce secteur à Safi et à El Jadida a permis à la région d’avoir une main-d’œuvre qualifiée et répondant aux exigences de ce secteur. D’ailleurs, de grands groupes nationaux et internationaux opèrent dans notre région, tels que Nestlé, Centrale Laitière, Caprel, Cosumar, Safi Land,…

Vous êtes le premier CRI au Maroc certifié ISO 9001 sous sa version 2008. Que représente pour vous cette labellisation ?
En effet, on vient d’être certifié ISO 9001 version 2008, le cabinet international « Bureau Veritas Certification », accrédité par COFRAC, a émis son avis définitif le 16 octobre 2009 sur la conformité de notre système de management aux exigences des standards internationaux. Notre politique de qualité adoptée est articulée autour de trois axes. La satisfaction des clients du CRI dans un cadre réglementaire. Le renforcement de la performance du centre en termes de création d’entreprises et d’appui à l’investissement. Et l’amélioration continue de l’efficacité du système de management de la qualité et le développement des ressources humaines
Tout bonnement, le système de management de la qualité représente pour nous un moyen moderne de gestion et d’organisation, qui nous permet de satisfaire les besoins de nos clients et leur offrir une panoplie de produits et de services de qualité, et par la même occasion cet outil permettra à notre clientèle de bénéficier d’une plate-forme de services répondant à ses exigences. C’est une stratégie gagnant-gagnant.

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