À épées tirées

À épées tirées

Deux présidents pour une seule fédération. Non, ce n’est pas une campagne électorale, mais c’est la situation actuelle fort regrettable de la Fédération royale marocaine de l’Escrime. Akkouri Abdelilah se dit président de la Fédération royale marocaine d’Escrime. Mouadab Nezha aussi.
Ce qui est sûr c’est que chacun revendique sa propre légitimité. Le premier, via le Comité olympique. La seconde, suite à l’assemblée générale, tenue le 8 avril dernier au Complexe sportif Mohamed V. «Notre assemblée générale s’est déroulée dans les règles de l’art. Nous n’avons rien à cacher. Nous avons réuni les deux tiers des clubs affiliés à la fédération et nous avons élu notre nouveau bureau», a déclaré, Mouadab. Comment en est-on arrivé là ? Selon les propos de Akkouri, après avoir tenu leur propre assemblée générale, certains responsables, qu’il qualifie de « fantômes », ont présenté un rapport à la wilaya du Grand Casablanca qui leur a donné le feu vert de retirer de l’argent d’une banque de la place. Il s’agit en fait de la subvention accordée par la primature, de l’ordre de 250.000 DH, pour la relance des sports olympiques en général. Version démentie en bloc par Mouadab, qui accuse Akkour de malversations financières et détournements de fonds. Selon elle, c’est plutôt le contraire qui s’est produit. « Ce sont les anciens membres de la fédération qui voulaient bénéficier de cette manne d’argent ». Et d’ajouter: « L’ex-président a des comptes à rendre. Et cela n’est un secret pour personne. D’ailleurs, suite à la gestion catastrophique de la FRME, une enquête a été ouverte pour mettre la lumière sur la vérité».
Selon Mouadab, depuis qu’Akkouri est à la tête de la FRME, le changement ne saute pas aux yeux. Le championnat et la Coupe du Trône de l’escrime n’ont pas eu lieu depuis deux ans. Ce qui est venu ajouter de l’huile au feu, c’est l’annulation de la cinquième édition de la Coupe Mohamed VI, qui devait se disputer l’année dernière. Selon les dires de Mouadab, c’est l’ex-président de la FRME qui a pris cette décision, à un moment où l’événement commence à prendre un rayonnement international. «Il n’a pas le droit de prendre une telle décision. Seul SAR Mohamed VI peut le faire», confie Mouadab, qui, avant la tenue de son assemblée générale, avait adressé plusieurs lettres aux instances concernées, dont notamment le secrétaire d’Etat à la Jeunesse, tirant la sonnette d’alarme. Mais ses écrits sont restés lettre morte. « Je crois qu’ils veulent étouffer l’affaire dans l’oeuf », glisse-t-elle. Il a même demandé des explications au secrétaire du Comité olympique pour avoir accordé à Akkouri et son équipe le droit de représenter le Maroc aux championnats d’Afrique d’escrime, qui ont eu lieu dernièrement en Tunisie. « On veut des explications du secrétaire du Comité olympique. Sur la base de quels critères il a pris cette décision », réclame Mouadab, qui accuse aussi Akkouri de n’avoir pas payé pendant deux ans les droits d’affiliation à la Fédération internationale d’Escrime. « Plus grave encore, il n’a pas respecté le délai fixé par cette dernière pour régler ce problème ».
Conséquence : radiation de la FRME de la FIE. Pour Mouadab, la fédération qu’elle préside, et qui compte 16 clubs, dont le WAC, le Raja, le FUS, le Club Royal et autres, est la plus légitime. « Ce que nous réclamons maintenant ce sont les locaux et les bureaux de la fédération. Nous avons confié cette affaire à un avocat. Et c’est à la justice de dire son mot », ajoute cette dernière, qui, après avoir organisé un tournoi d’escrime à Oujda avec la participation de huit clubs, manifestation qui, selon elle, a été prise en charge par l’UNESCO et l’international de la balle ovale française, d’origine marocaine, Abdellatif Benazzi, compte organiser un autre événement : la Coupe du Trône d’Escrime.

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