Cyclisme : Le Tour d’Allemagne veut éviter le dopage

Cyclisme : Le Tour d’Allemagne veut éviter le dopage

Après la tempête du Tour de France, l’affaire Patrik Sinkewitz et le boycott des télévisions publiques, le Tour d’Allemagne 2007 qui débute vendredi, peut, ou bien marquer, grâce à un arsenal antidopage intransigeant, un nouveau départ, ou sonner le glas d’un sport discrédité. Jusqu’à peu, les organisateurs du Tour d’Allemagne avaient pour ambition de rivaliser en termes de prestige avec la Vuelta, voire le Giro. Ils doivent désormais se contenter d’assurer la survie de leur épreuve, en retenant tant bien que mal parraineurs, annonceurs et télévision éprouvés par la succession des affaires de dopage depuis un an. «C’est un sacré défi d’organiser une telle course cette année, particulièrement en Allemagne, c’est maintenant que va se décider la direction que va suivre le cyclisme», a prévenu Kai Rapp, le patron du Tour d’Allemagne, dans le magazine Der Spiegel. Le Tour de France 2007, avec ses cas de dopage, la controverse Michael Rasmussen et son sulfureux vainqueur Alberto Contador, est passé par là. Et surtout, Sinkewitz, contrôlé positif à la testostérone, a balayé les dernières et fragiles illusions d’une Allemagne encore perturbée par la chute de Jan Ullrich et les aveux de dopage des anciens de Telekom. Mais la chaîne de télévision publique ARD a tout de même décidé de retransmettre les neuf étapes du Tour d’Allemagne en direct : «Après ce qui s’est passé sur le Tour, la décision de couvrir le Tour d’Allemagne n’a pas été facile à prendre», a admis le président d’ARD, Fritz Raff.  A la première controverse, a-t-il prévenu, ARD pliera micros et caméras, comme elle l’a fait sur le Tour de France lorsque l’affaire Sinkewitz a éclaté. Et cette fois, elle ne reviendra plus. ARD a été convaincu par les nouvelles mesures de lutte adoptées par les organisateurs qui prévoient l’augmentation du nombre de contrôles sanguins et urinaires et la mise en place de «chaperons» chargés de suivre, dès leur passage de la ligne d’arrivée jusqu’à leur contrôle, les coureurs devant être testés pour éviter toute manipulation. Il est fort probable qu’ARD, qui s’inquiéte pour ses taux d’audience (en léger recul par rapport à 2006 lors du Tour de France avant son boycott) et ses annonceurs, ait posé ses conditions.
Comme le gouvernement, l’Etat régional du Bade-Wurtemberg et la ville de Stuttgart ont posé les leurs pour l’organisation des Championnats du monde du 25 au 30 septembre. Le ras le bol touche également les entreprises engagées dans le cyclisme, comme T-Mobile, principal sponsor à hauteur de 12 millions d’euros par an de l’équipe qui porte son nom. L’opérateur de téléphonie mobile, filiale du géant Deutsche Telekom, révélera ses intentions jeudi, à la veille du départ du Tour d’Allemagne: si T-Mobile devait se désengager, il donnerait le signal d’une retraite générale. L’autre équipe allemande du ProTour, Gerolsteiner, sera fixée fin août sur les intentions de son sponsor, une société d’eaux minérales engagée jusqu’en 2008.
 Son directeur sportif, Hans-Joachim Holczer, est devenu, comme beaucoup, fataliste : «Je ne suis plus le passionné de cyclisme que j’ai été», a-t-il avoué récemment.

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