El Guerrouj, la référence absolue

Le champion du monde et 1500 m et détenteur d’un record de l’épreuve, Hicham El Guerrouj a été sacré meilleur athlète de l’année 2001, dimanche dernier à Monaco. Cette distinction mondiale lui a été décernée par la Conseil de la fondation internationale d’athlétisme alors qu’il était en lice avec neuf autres concurrents. Parmi ces candidats se trouvent des athlètes de renommée mondiale tels l’Américain Maurice Green, le Suisse André Bucher et un autre Marocain, Brahmi Boulami. L’heureux élu du prestigieux gala de Monaco a été choisi par un panel de personnalités du monde de l’athlétisme où siège, entre autres, le légendaire Serguei Bubka ainsi que des journalistes sportifs attitrés. Il faut convenir que cette désignation était attendue tellement l’invincibilité de Hicham sur le 1500 m est devenue une donnée absolue. D’ailleurs, il est passé juste à côté de ce sacre en 1999, l’année où il avait battu deux records du monde en dominant de bout en bout ses adversaires. Mais comme il n’est jamais tard pour bien faire, Hicham a courageusement attendu son heure pour se hisser au-dessus de la mêlée. Belle récompense pour un athlète racé, déterminé, fier de lui et farouche opposant de la malchance qui l’a poursuivie aux jeux olympiques d’Atlanta et de Sidney. Il faut avoir beaucoup de cran et de confiance en soi pour se remettre de cette chute malheureuse en finale des J.O d’Atlanta et de la méforme de celle de Sidney. Il faut avoir beaucoup de talent aussi pour enchaîner les titres de champion de monde et les records du monde en salle et en plein air. Depuis son entrée dans le circuit professionnel en 1994, Ce jeune homme, fragile d’apparence avec ses 176 centimètres et ses 58 kilogrammes, est devenu l’homme le plus fort du monde dans sa discipline. À 27 ans Hicham qui est devenu la référence absolue dans les courses de demi-fond a gagné 51 courses sur les 53 qu’il a courues. Il en a perdu deux dans les plus mauvais moments : En 1996 dans le J.O d’Atlanta et en 2000 dans celles de Sydney. Le premier échec était dur pour lui quand il a chuté en finale à quelques hectomètres de l’arrivée. C’est peut-être l’effet psychologique des J.O d’Atlanta qui l’a poussé à commettre la faute quatre ans plus tard à Sydney. Mais l’intraitable athlète ne lève pas, pour autant, les pieds puisqu’il compte courir derrière le seul titre qui lui manque : la médaille olympique à Athènes. Il en est capable et ce n’est cet incident, Hicham aurait pu détenir trois médailles olympique tellement sa suprématie est totale et régulière. Une régularité extraordinaire qui lui a permis de remporter trois le championnat du monde en plein air (1997,1999 et 2001). Dans la même discipline de 1500 mètres, il a régné dans les toutes les compétitions en salle en remportant le titre mondial en 1995 et 1997 et 2001 sur 3000 m. Mais ses plus belles oeuvres sur la piste restent ses époustouflants records du monde où il a fait craquer le chrono devant un public émerveillé. Il se bat contre sa puissance hors norme comme il l’a fait au cours d’une soirée de 1998 à Rome quand il a battu le record du monde de 1500 m (3 m 26 s) l’Algérien Morcelli qui était encore au sommet de sa carrière, venait d’être dépassé par une seconde et quelques fractions. Depuis il ne sera que l’ombre de Hicham, celui -là même qui rêvait d’être un jour comme lui. Le champion mondial a réalisé mieux en devenant le numéro un de l’athlétisme mondial au cours de cette soirée de dimanche 25 novembre 2001 à Monaco. Tout le gotha de l’athlétisme international était là pour hisser au panthéon de la gloire un jeune homme, qui, il y a quelques années, se fondait dans l’anonymat dans la petite ville de Berkane. Mais comme les grands qui ont commencé par être petit, il a cravaché dur pour atteindre le plus haut sommet de la distinction. Une fierté pour le Maroc.

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