Faillite dans les clubs de football

Depuis l’instauration informelle du parrainage et du sponsoring, jamais les équipes de football n’ont connu de crises financières aussi aiguës comme celles de cette année. Même les grands clubs commencent à souffrir le martyre pour arriver à équilibrer leurs budgets, voire à payer les primes des joueurs. Il semblerait que la mondialisation et surtout les retombées de l’attentat du 11 septembre ont touché de plein fouet les finances des clubs. Et pour cause, beaucoup d’entreprises publiques qui les parrainaient ou les sponsorisaient ont cessé leur contribution. Du coup, un nombre impressionnant d’équipes se retrouvent sans ressources stables et menacent de déclarer forfait. La plupart d’entre elles ont été sauvées momentanément par la manne providentielle des autorités locales, laquelle reste limitée dans le temps et le montant. Les joueurs ont beau croire aux promesses et attendre leurs primes pour passer à l’action revendicative. L’équipe qui reflète le plus ce marasme économique dans notre football est le WAC dont les joueurs ont observé une grève de 48 heures pour réclamer leurs dûs. Les Wydadis n’ont pas touché leurs primes de match depuis le début de championnat sachant qu’ils ont fait le plein en cumulant cinq victoires et trois nuls en huit rencontres. Jamais les rouge et blanc ne sont arrivés à cet ultime recours en matière de règlements de primes. Les joueurs du Stade marocain n’ont même pas encore savouré la joie de la montée qu’ils se retrouvent confrontés à une crise financière sans issue. Le comité du club déclare faillite et les joueurs ont même failli ne pas jouer contre le CODM pour dénoncer cette situation inextricable. Le CODM vit le même problème et a menacé de déclarer forfait si ce n’était l’aide fournie par le Wali de Meknès. Une solution de rechange qui ne peut perdurer. La RSS connaît de graves remous au sein de son comité depuis que la RAM, touchée par l’attentat de New York, a cessé de sponsoriser l’équipe settatie. La RSS est ainsi devenue la première victime, dans le football national, de l’attentat du 11 septembre. D’autres clubs ont été rattrapés par les effets de la mondialisation quand leurs sponsors, notamment des entreprises publiques, ont procédé à une rationalisation de leurs dépenses. Le Sporting de Salé, florissant il y a quelques années en GNFI, a rétrogradé en GNFII où il caracole en fin de classement, depuis qu’il a été lâché par la CDG. Il en est de même pour son voisin l’ASS de Salé qui le côtoie dans la zone dangereuse et qui est très affectée par le désistement de la CNCA, elle-même en pleine restructuration. La raffinerie la SAMIR, privatisée depuis quelques années, a été la plus radicale dans son retrait du domaine sportif. Ses dirigeants viennent de dissoudre toutes les sections sportives (hand, volley et basket) qui la représentaient dans divers championnats nationaux. Outre le sort des joueurs de ces disciplines, le Chabab de Mohammedia, section football, a été privé d’une aide annuelle d’un million de dirhams. La liste n’est pas exhaustive et cette crise risque d’avoir des conséquences néfastes sur le niveau de notre football et surtout sur la mise en application du professionnalisme prévu pour deux ans.

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