Ferrero, le maître de Rolland Garros

Juan Carlos Ferrero est le sixième Espagnol à s’adjuger le prestigieux trophée. Parmi ses prédécesseurs figure, notamment, le gracieux Manuel Santana, qui fut le premier à remporter le tournoi de Rolland Garros, c’était en 1961. En inscrivant son nom sur la Coupe des Mousquetaires, remise par Yannick Noah, le petit prince de Villena réalise ainsi son rêve le plus cher.  Tête de série numéro 3, Ferrero qui avait raté deux demi-finales et une finale de Rolland Garros dans sa carrière, a mené de main de maître ce match où il s’est imposé 6-1, 6-3, 6-2. Une rencontre où l’Espagnol, escorté de ses services foudroyants et de ses coups météoriques, n’a fait qu’une bouchée du Néerlandais. Pourtant, tombeur du vieux routier André Agassi, Verkerk sembla avoir laissé son jeu excellent dans les vestiaires.
Martin Verkerk a dû être confronté à une lourde charge émotive, occasionnée par sa fulgurante ascension lors cette édition de Rolland Garros, couronnée par une propulsion inattendue en finale. Ceci était palpable à travers sa prestation qui ne ressemblait en rien à ce qu’il avait fait valoir face à ses précédents adversaires. De grosses pointures du tennis avaient en effet fait les frais de ses balles assassines.
Du haut de ses 198 centimètres, le grand Néerlandais, 46e mondial, donna l’air d’être paralysé et accumula les fautes le long du match. Notamment après avoir été mené 6-1 lors du premier set. Verkerk n’arrivait pas à faire passer une seule balle, l’omniprésence de Ferrero sur toute la surface du jeu devait être cauchemardesque. Cependant, un jeu blanc paradoxal réalisé par Verkerk, au deuxième jeu du deuxième set, allait donner une impulsion au jeu du Néerlandais qui laissait présumer que la machine se remettait en route. Les élans du Néerlandais furent attisés davantage lorsqu’il obtint ses premières balles de break. Retrouvant sa nature rebelle, il dressa un poing vengeur. Ses ardeurs ne feront cependant pas long feu devant un Ferrero plus déterminé que jamais de s’imposer dans le royaume de la terre battue. Le «Moustique» reprendra les rênes de la rencontre et mènera la partie selon l’objectif qu’il s’était fixé au départ ; on aurait dit un magicien qui se livre à un tour de routine. Les balles, subtilement transformées par Ferrero en boulets de canon, fusaient de partout et de nulle part.  La puissance de frappe de l’Espagnol n’a pas été entamée le long de la durée des échanges. On se demandait où pouvait-il puiser cette énergie intarissable. La force de frappe était bien évidemment enjolivée d’une technique aiguisée. Ces deux ingrédients ont fini par enfanter un jeu de très haut niveau ; la grande classe.  L’aboutissement logique de cette offensive ininterrompue ne pouvait être autre chose qu’une victoire écrasante de l’Espagnol. Une victoire bien méritée et, une première place au classement, tout aussi méritée.

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