La face cachée du football

Alors que les préparatifs battent leur plein en Corée de Sud et au Japon pour l’organisation de la prochaine coupe du monde, en Inde l’heure est à la morale et à la sensibilisation. Des militants contre l’exploitation des enfants viennent de tirer la sonnette d’alarme. Ils ont demandé jeudi à la Fédération Internationale de Football d’adresser un «carton rouge» aux équipementiers qui recrutent des enfants dans leurs usines indiennes pour le mondial 2002.
Selon Kailash Satyarthi, président de la marche mondiale contre le travail des enfants, une équipe d’enquêteurs à Jalandhar a pris des photos d’enfants, dont certains sont âgés d’à peine 10 ans, en train de fabriquer des ballons portant le logo « FIFA World Cup 2002 ». Ce dernier a demandé par écrit à la plus haute instance de football (FIFA) de prendre les mesures nécessaires pour faire face à cette situation qui devient de plus en plus inquiétante. Pour 10 roupies (25 centimes d’euros) l’unité, les enfants travaillent 10 à 12 heures par jour dans des ateliers clandestins. En voyant les conditions sordides dans lesquelles travaillent ces enfants, Satyarthi a qualifié cet acte de criminel.
Selon Philippe Roy, co-organisateur de la marche mondiale, la demande adressée à la FIFA est restée lettre morte.
«Nous avons écrit plusieurs lettres à la FIFA, avertissant que la surveillance des entreprises sous licence n’était pas suffisante. Mais ils ont choisi de fermer les yeux», a expliqué Roy, ajoutant que « l’Inde et le Pakistan sont les deux plus grands fabriquants pour la coupe du monde 2002. Nous savons que des milliers d’enfants assemblent des ballons dans ces deux pays».
Selon un rapport publié en 1999 par le ministère indien du Travail, 12.000 enfants travaillent dans l’industrie nationale d’équipements sportifs. Une campagne «carton rouge au travail des enfants » sera lancée, vendredi, par l’OIT à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2002) de football, qui débute samedi.
Selon la même organisation, l’Afrique compte à elle seule plus de 80 millions d’enfants au travail.

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