La rage de vaincre d’un judoka

La rage de vaincre d’un judoka

Il est judoka. Il a 28 ans et il s’apprête à vivre la merveilleuse expérience de sa carrière. Younes Ahmadi a en effet assuré sa qualification pour les Jeux Olympiques d’Athènes. « Plus qu’une cinquantaine de jours avant ce grand rendez-vous.
Au fur et à mesure qu’il s’approche, une fièvre s’empare de moi », déclare le judoka ne cherchant pas à dissimuler son enthousiasme qui accroît de jour en jour et qui le pousse à se donner à fond lors de ses séances d’entraînement. «Il commence à peine à se rétablir de deux vilaines blessures, à la cheville et au coude droits. Et pourtant, il ne s’est jamais arrêté de s’entraîner», précise son coach et parrain au sein du club de l’ODEP, Abdelouahed Chanet. C’est que le jeune Younes est conscient qu’il a, en quelque sorte, «rendez-vous avec l’histoire», en étant le premier Marocain à jouer le tournoi olympique de judo dans la catégorie des 60 Kg. Mais le parcours des qualifications olympiques a été très long. Il a débuté lors de l’été 2002. Championnats arabes, d’Afrique et du monde en plus des tournois internationaux se sont succédés. Les sacres et les médailles également.
Cette ascension a été néanmoins freinée quelque peu par la non-participation du judoka aux derniers Jeux africains qui ont eu lieu au Nigeria. « Avant le déroulement de ces jeux, j’étais classé deuxième dans ma catégorie à l’échelle africaine. Juste après, je me suis retrouvé à la cinquième place. Heureusement qu’il y avait les tournois de qualification olympique qui m’ont permis de glaner quelques points avant les derniers championnats d’Afrique qui se sont déroulés en Tunisie ».
La médaille d’or que le Marocain a remportée lors de cette compétition lui a permis de glaner pas moins de 150 points, qui lui ont permis de porter son total à 345 points, synonymes de présence à Athènes. Par la suite ont commencé les sérieux préparatifs pour ce plus grand rendez-vous sportif de la planète, à Paris, où il réside bénéficiant d’une bourse octroyée par le Comité international olympique (CIO), et dont seuls trois sportifs marocains ont en bénéficié. Mais cette bourse mensuelle de 1200 dollars ne lui permet pas de joindre les deux bouts, puisqu’il a à payer les frais de son séjour au centre de formation de l’équipe de France. «Pourvoir m’entraîner avec les champions tricolores est une excellente chose. Mais les côtoyer chaque jour me fait ressentir encore plus les conditions catastrophiques dans lesquelles le judo est pratiqué au Maroc», explique celui qui ne dispose pas d’entraîneur en France. «Là-bas, en l’absence d’un entraîneur, puisque je ne bénéficie que des installations, je me trouve dans l’obligation de tracer moi-même un programme de préparation et de veiller tout seul à son exécution», ajoute-t-il.
Et pourtant, ceci ne l’a pas empêché de dominer en maître sur sa catégorie. Cinq fois champion du Maroc, il n’a à présent qu’un seul objectif, celui de faire une bonne prestation lors des J.O. «Depuis que Younes a commencé à faire du judo au début des années 90, il ne rêve que de défendre les couleurs nationales aux jeux Olympiques», explique Abdelouahed Chanet. Les J.O. souriront-ils à Younes ? Ce dernier l’espère, ne serait-ce que pour en faire un cadeau à ses parents, qui l’ont toujours soutenu, et son entraîneur, celui qui a fait naître en lui la passion du judo.

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