Le football féminin en crise

La finale du championnat féminin de football a mis aux prises, dimanche dernier à Khémisset, l’Itihad Mokhtar Soussi, champion de la ligue du Grand Casablanca, au Chabab Atlas de Khénifra, champion de la Ligue de Meknès Tafilalet. La première mi-temps a connu la domination de l’Ittihad Mokhar Soussi, qui a réussi à inscrire son premier but par l’intermédiaire de Hind Saleh. En début de seconde période, l’arbitre de la rencontre, Khadija Rezzag a sifflé un penalty en faveur des casablancaises. Kaoutar Mesbahi sera chargée de le transformer, signant ainsi le deuxième but de l’Itihad Mokhtar Soussi.
L’occasion de revenir à la marque pour les khénifries va se créer à dix minutes de la fin du le rencontre. Un penalty raté par l’internationale Ilham Arfaoui. Cette victoire a permis à l’Itihad Moukhtar Soussi de s’adjuger le titre de champion du Maroc pour la saison 2001-2002. «Nous sommes fières de remporter le championnat. Les filles ont réussi à surpasser les conditions qui n’étaient pas favorables. Et je tiens à ce sujet à remercier les dirigeants qui ont fait tant de sacrifices pour atteindre ce niveau de la compétition» a déclaré Majda Khaldoun, internationale évoluant à l’Ittihad Mokhtar Soussi à Aujourd’hui Le Maroc.
Il faut souligner que le championnat national de football féminin n’en est qu’à sa première édition. La Fédération Royale Marocaine de Football, par le biais de la Commission du football féminin, créée il y a deux ans, a décidé la mise en place de championnats régionaux regroupant tous les clubs et associations sportives au niveau de chaque ligue. Les champions de ligue se sont rencontrés, au mois de juin dernier, pour aboutir à l’affiche disputée dimanche dernier. Le champion de la saison, l’Ittihad Mokhtar Soussi s’est défait en quart de finale du champion de la ligue du Souss, le Najah (2-0), et du Najm Marrakech en demi-finale (2-3).
L’équipe nationale féminine puise la majorité de ses effectifs dans ces clubs champions de ligue qui ne disputent pas beaucoup de match. Et c’est le problème dont souffrent les Lionnes, et qui a été remis sur le devant de la scène au lendemain de leur élimination des qualifications de la Coupe d’Afrique des Nations, prévue en 2003 au Nigeria. Alaoui Slimani, sélectionneur national a déclaré le jour même de la défaite des Lionnes face au Mali sur penalties (les matches aller et retour se sont soldés sur un nul 0-0) : «Notre plus grand handicap est le manque de compétition des joueuses. Même les deux stages de préparations qu’on a effectués n’ont pas été suffisants». «Comment voulez-vous demander à des joueuses, qui n’évoluent pas au sein d’un championnat, d’être au top de leur forme ?», a-t-il ajouté.
Du côté de la fédération, le problème est essentiellement d’ordre matériel. «Pour avoir un championnat en bonne et due forme, il faut mettre en place des moyens financiers, logistiques et humains que les clubs sont incapables d’assumer», affirme Houcine Radif, président de la Commission du football féminin au sein de la fédération. «Il ne faut pas oublier que la fédération a été contrainte de prendre en charge les frais des clubs participant au championnat féminin», conclut-il.
L’équipe championne du Maroc 2001-2002 n’a été créée qu’il y a trois années. Et déjà, plusieurs de ses joueuses évoluent en sélection nationale féminine, malgré leur moyenne d’âge qui ne dépasse pas les 20 ans. Lors de la finale, disputée dimanche dernier, l’équipe casablancaise comptait plusieurs joueuses dont l’âge ne dépasse guère 17 ans. Son capitaine, Touhami Kaoutar, titulaire en équipe nationale est née en 1984.
Le football féminin s’est vu donc priver de participation aux phases finales de la CAN 2003. Un coup difficile à avaler par nos Lionnes pour qui cette participation aurait ouvert la voie à une réelle compétition nationale.

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