Le S.O.S. de la Renaissance sportive de Berkane

Le S.O.S. de la Renaissance sportive de Berkane

Ce qui s’est passé le week-end dernier à Rabat est une véritable honte pour un football qui tend au professionnalisme. La Renaissance sportive de Berkane a perdu son match contre le Stade Marocain (4-1) est tout à fait normal, la défaite aussi bien que la victoire fait partie intégrante du football. Ce qui n’est par contre pas normal sont les conditions dans lesquelles l’équipe s’est déplacée à la capitale du Royaume pour cette rencontre comptant pour la 18ème journée du championnat de deuxième division du Groupement national des football (GNF II). L’équipe était sur le point de déclarer forfait n’ayant pas les moyens financiers d’effectuer ce déplacement. Ce n’est qu’après l’intervention des autorités locales de la ville de Berkane qu’un bus a été mis à la disposition du groupe par l’Office régional de l’investissement agricole et que les frais du gasoil ont été couverts par le conseil municipal.
«C’était tout simplement catastrophique », résume l’entraîneur de l’équipe Mohamed Tijini. Les joueurs, qu’on a réussi finalement à réunir à la dernière minute, se trouvaient toujours à Berkane samedi soir à 20h. « Le président du club m’a contacté exactement au moment où l’équipe nationale olympique a marqué son cinquième but contre l’Ouganda. Dix minutes après, je me trouvais dans le train pour Rabat », ajoute M. Tijini. L’effectif est arrivé à destination le lendemain à 5h du matin et a joué son match dans le courant de l’après-midi. «Mes joueurs ont fourni un excellent premier quart d’heure de jeu. Mais fatigue oblige, ils se sont effondrés par la suite. Le score final de la rencontre en est le reflet exact », estime le coach berkanais. Les incidents du week-end dernier ne sont que les derniers d’une longue liste. C’est que la RSB vit dans la tourmente depuis plusieurs semaines déjà. «Une fois la liesse et l’euphorie qui ont caractérisé la saison dernière disparues, tout le monde s’est désengagé de la gestion de l’équipe.
Le très bon parcours de la Renaissance qui luttait l’année dernière pour la montée en première division ne s’est pas reflété cette saison», estime le cadre technique. Cette équipe s’est donc trouvée laissée pour compte avec des caisses vides, ne pouvant plus supporter le moindre déplacement. N’ayant pas de ressources financières fixes, l’équipe de la capitale de la clémentine ne peut compter que sur la participation des adhérents et les recettes des rencontres. Pour ce qui est des premières rentrées d’argent, elles sont insignifiantes pour ne pas dire inexistantes. Sur les 25 adhérents que compte le club, trois seulement ont réglé leurs cotisations depuis le début de la saison 2003-2004 ne drainant que la modique somme de 7500 dirhams dans les caisses de l’équipe. La situation n’est pas meilleure du côté du public puisque 6000 Berkanais uniquement ont pris la peine de se déplacer pour voir évoluer son équipe tout au long des 9 rencontres qu’elle a jouées à domicile.
Ce manque d’argent a beaucoup affecté les joueurs qui n’ont pas perçu trois mensualités et quatre primes. Furieux contre l’attitude des dirigeants et autorités de la ville, ils ont boycotté les entraînements tout au long de la semaine dernière. Un mouvement de protestation qui risque de continuer. Le spectre du forfait samedi prochain contre le FUS, à Berkane cette fois-ci, n’est pas tellement loin.

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