L’organisation sous le feu des critiques

L’organisation sous le feu des critiques

Des infrastructures terminées à la hâte au désastreux processus d’accréditation des journalistes, l’organisation ghanéenne de la Coupe d’Afrique (CAN-2008) est la cible de critiques virulentes, même par son sélectionneur qui a comparé la pelouse du stade d’Accra à "un champ de patates". Les moyens de transport et les systèmes de communication sont aussi tombés sous la colère des joueurs, des médias et des observateurs. Les problèmes sont si aigus que le comité local d’organisation (LOC) s’est publiquement excusé à la radio, lundi.
«C’est la pire Coupe d’Afrique jamais organisée», s’emporte Aliou Goloko, journaliste sénégalais au site «allafrica.com», qui couvre sa sixième CAN. «Le terrain (du stade Ohene Djan, où se jouera la finale le 10 février) ne vaut pas mieux qu’un champ de patates. C’est terrible, s’énerve» Claude Le Roy, le sélectionneur français des « Black Stars ». «Si un boulanger n’a pas de farine, il ne peut pas faire de pain. Et avec un terrain pareil, comment les joueurs peuvent-ils jouer? Je préfère une bonne pelouse à des bons fauteuils dans les loges», ajoute-t-il, flétrissant le LOC. Les organisateurs n’ont pas pensé au plus important : les joueurs. Ils ont mal mesuré également les besoins technologiques nécessaires pour couvrir un tel évènement. «Les Ghanéens pensaient que l’essentiel, c’était le stade, ils n’ont pas pensé aux médias», explique à l’AFP un officiel de la Confédération africaine de football qui préfère garder l’anonymat. «Dans la tribune de presse (du stade de Sekondi), les communications ne passent pas, il n’y a même pas de wifi !» se désole Aliou Goloko, qui suit l’équipe de Côte d’Ivoire. «On est obligé de descendre dans le local média qui est beaucoup trop petit pour nous tous !». La CAN attire des centaines de reporters venus du monde entier, et le processus d’accréditation, qui ne prend d’ordinaire pas plus d’une demi-heure, a demandé à certains jusqu’à neuf heures d’attente, agglutinés les uns contre les autres dans un désordre « infernal », selon le mot du « Daily Graphic », un des principaux journaux ghanéens. A Accra, le Kofi Annan Center a été transformé en champ de bataille pendant trois jours, chaque journaliste ayant son histoire édifiante à raconter dans sa quête de l’ « accrèd’ », sésame indispensable.
«En 2006 (en Egypte), les accréditations nous attendaient, ça n’a pris que quelques minutes», reprend Aliou Goloko. «C’est mieux organisé quand la CAF s’en occupe elle-même». Les protestations pleuvent sur le Ghana depuis les médias de la planète entière. A Kumasi, les journalistes ont même organisé une démonstration publique, samedi, pour exprimer leur frustration. Les problèmes surgissent de toutes parts. L’hôtel de Kumasi où logent la Zambie et le Soudan a par exemple été inauguré la veille du coup d’envoi de la CAN ! Les Nigérians ont refusé l’avion affrété par le LOC -il leur paraissait peu sûr- et ont préféré se rendre à Takoradi en bus. Les Egyptiens, eux, auraient bien voulu avoir un avion pour se rendre à Kumasi… Les Tunisiens et les Sénégalais se sont plaints de la piètre qualité de leur camp de base, destiné à devenir une cité universitaire, avant de calmer le jeu et d’étouffer leurs critiques. « Tout le monde a été interrogatif à propos de l’hébergement», explique Roger Lemerre, le sélectionneur français de la Tunisie, dans son style si particulier, «mais aujourd’hui c’est plus que satisfaisant». Une jolie note vient tout de même adoucir ce concert de critiques: le succès populaire est pour l’instant au rendez-vous. Les supporteurs venus nombreux des pays voisins ont assuré l’ambiance et presque rempli les stades pour Nigeria-Côte d’Ivoire, Mali-Bénin (lundi à Sekondi) ou Egypte-Cameroun. (mardi à Kumasi), alors que souvent les matches sans l’équipe hôte se jouent dans des ambiances feutrées.

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