Mondial : le Brésil sûr de lui-même

Mondial : le Brésil sûr de lui-même

À quelques heures de l’ouverture de la 18e édition de la Coupe du monde de football, le Brésil se présente fort des certitudes nées de ses cinq titres de champion et de sa constellation d’étoiles, tandis que les 31 autres nations se contentent d’espoirs.
Elle pèse 4,970 kg, mesure 36 cm et fait figure de "Graal" aux yeux des 32 équipes qualifiées pour le Mondial-2006 (9 juin-9 juillet) : à partir de vendredi, 18h00 (16hH00 GMT), la Coupe du monde cherchera pour quatre ans un nouveau propriétaire.
Tenants du titre, les extra terrestres brésiliens sont sur orbite après trois semaines de préparation sans anicroches ni tests sérieux, du reste, à  l’exception d’un match contre la Nouvelle-Zélande (4-0).
La magie "auriverde" fonctionne toujours comme l’a prouvé l’enthousiasme populaire lors des entraînements de la Seleçao en Suisse, puis lors de son arrivée en Allemagne. Avec Kaka, Ronaldinho, Ronaldo et Adriano, le Brésil rêve de cueillir "l’hexa", le sixième titre mondial de son histoire. Mais la légende brésilienne Pelé a rappelé à la jeune génération que la Seleçao peinait à s’épanouir dans le rôle de favori, surtout en Europe : «Nous sommes conscients que personne ne va nous rendre la vie facile», lui a répondu le meilleur joueur de la planète, Ronaldinho.
Le match d’ouverture qui opposera vendredi l’Allemagne au Costa Rica à Munich (sud), donnera l’occasion à l’un des sérieux prétendants d’afficher ses prétentions. La Mannschaft a pour elle l’effet "tournoi à domicile", ses trois titres de  champion du monde (1954, 1974 et 1990) et sa réputation de redoutable machine à  gagner dans les grands événements. Mais le sélectionneur Jurgen Klinsmann qui a considérablement rajeuni l’équipe, a pu mesurer une nouvelle fois la fragilité de son assise défensive, lors des matches de préparation.
Tenue en échec par le Japon (2-2), l’Allemagne compte également une incertitude de taille : l’état de santé, voire de compétitivité, de son capitaine et meneur de jeu Michael Ballack, touché à un mollet après avoir souffert d’une cheville.
L’Allemagne est déjà assurée d’un titre, bien symbolique: "son" Mondial devrait être un modèle du genre en terme d’organisation avec douze stades rénovés ou construits pour un montant total d’1,5 milliard d’euros et des  infrastructures de transports modernes et efficaces.
Seul bémol, la billetterie : 99% des billets ont trouvé preneur, se félicitent les organisateurs, tandis que les simples supporteurs ont pu avoir l’impression d’être relégués derrière officiels et parraineurs pour l’attribution des précieux sésames.
La grande inconnue de Mondial-2006 concerne la sécurité.
Le hooliganisme et les risques terroristes sont au premier plan des préoccupations des autorités allemandes qui ont mobilisé 250.000 policiers et 2.000 militaires, "des mesures préventives d’ampleur sans précédent en Allemagne", a assuré la chancelière Angela Merkel.
L’Angleterre entend faire parler d’elle par ses prouesses sur les terrains, et non par l’attitude de ses supporteurs : en attendant, c’est le 5e métatarse du pied droit de Wayne Rooney qui fait beaucoup parler de lui.
Avec l’attaquant de Manchester United, blessé début mai, l’Angleterre de Sven-Goran Eriksson peut décrocher un deuxième titre mondial, quarante ans après le succès de Wembley contre "l’ennemi" allemand. Et s’il devait être privé de "Rooney", le sélectionneur, de nationalité suédoise, dispose tout de même de joueurs comme Frank Lampard, John Terry et Steven Gerrard au sommet de leur art.
La France, malgré ses déroutes du Mondial-2002 et de l’Euro-2004, ne craint pas d’avouer ouvertement son ambition d’atteindre la finale. Ses premiers matches de préparation et la forme étincelante de Thierry Henry ont fait naître quelques espérances.
L’Italie, empêtrée dans les scandales de son championnat, l’Argentine au chevet de la cuisse de Lionel Messi et les Pays-Bas, rarement à la hauteur de leur réputation, semblent se satisfaire de leur rôle d’outsiders, laissant au Brésil la lumière (et la pression) du statut de favori.

• Jérôme Rasetti (AFP)

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