Moufid pour un contrat-programme

Aujourd’hui Le Maroc : Comment se porte la FRMF après les dernières décisions du bureau fédéral, telle la restructuration de la direction technique ?
Mohamed Moufid : Le temps est à la mobilisation. Tous les efforts sont polarisés sur le programme de mise à niveau du football national, établi l’année dernière par le bureau fédéral. Le programme vise essentiellement à mettre la pratique de ce sport à l’abri des bouleversements à chaque défaite de l’équipe nationale.
Mais le football national a été secoué dernièrement par une malheureuse série de défaites ?
Je ne suis pas d’accord avec vous. Lors de la Coupe arabe des nations qui a eu lieu au Koweït, l’équipe olympique a eu à affronter des équipes «A». Les professionnels de l’équipe première n’ont pu se libérer pour y participer. Les juniors ont fait bonne impression malgré leur élimination dès le premier tour, face à des équipes africaines de gros calibre. Pour ce qui est des cadets, leur élimination s’explique tout simplement par la faiblesse du championnat national de cette catégorie. Le Maroc dispose pourtant d’un bon potentiel de joueurs malgré l’inexistence de centres de formation au sein de plusieurs clubs. Et puis, le WAC n’a-t-il pas gagné la Coupe des coupes africaine et le Raja n’a-t-il pas atteint la finale de la Ligue des Champions ?
Pourquoi alors la restructuration de la direction technique ?
Tout le monde se souvient du chaos qui avait suivi l’élimination des Lions de l’Atlas de la CAN 2002 au Mali.
Le bureau fédéral a alors pris la décision d’améliorer cette structure. Il ne faut pas oublier que la mission première d’un directeur technique est de préparer la relève, être à l’affût de jeunes talents à travers, notamment, un bon encadrement dans toutes les régions du Royaume. Quand cela n’a pas marché, nous nous sommes dit : arrêtons les dégâts. Une restructuration de cette direction technique s’imposait. C’est dans ce cadre que s’est inscrite la visite de travail du Français Aimé Jacquet au Maroc. En effet, la fédération voudrait s’inspirer de l’école française dont la renommée est internationale. Beaucoup de gens ont brodé là-dessus, mais je tiens à préciser que Haj Slimani est un cadre qui a le football dans le sang. Il s’est montré très compréhensif d’ailleurs.
La solution serait, selon vous, le recrutement d’un cadre étranger ?
Nous avons besoin de quelqu’un de compétent, qui puisse remplir les conditions que j’ai évoqué. Peu importe qu’il soit marocain ou étranger. Mais soyons logiques, lorsque l’on souffre de problèmes matériels, on ne peut pas se permettre de payer une petite fortune à quelqu’un qui ne le mérite pas.
La fédération souffre-t-elle d’une crise financière ?
Objectivement, les sponsors ont tout à fait raison. Lorsque l’on finance un secteur qui ne se porte pas bien, il est naturel d’émettre des réserves. En plus, la situation a changé. Maroc Telecom par exemple a connu l’entrée de Vivendi dans son capital. Il nous a fallu redoubler d’argument pour les convaincre. Grosso modo, la FRMF a des arriérés impayés. Elle a fait face cette année à plusieurs dépenses imprévues en relation avec les équipes nationales, juniors, cadets et féminine. Je ne pense pas qu’il s’agisse de crise. Avant la fin du premier trimestre de cette année, elle aura résolu ces problèmes et reconquis la confiance de ses sponsors.
Où en est le projet de professionnalisme du football national qui devait démarrer cette saison ?
Le projet de professionnalisme doit commencer par des mesures internes. Les clubs doivent mettre en place des structures financières et de gestion adaptées. C’est pour cela qu’une période transitoire de 4 ou 5 ans est obligatoire. Le football national a besoin d’un contrat-programme comme celui que l’Etat a établi pour d’autres secteurs tels le tourisme ou la lutte contre la sécheresse. Le projet établi par la fédération insiste sur le volet des infrastructures où l’Etat joue un grand rôle, notamment à travers la construction de terrains. La fédération s’est engagée à y contribuer à hauteur de 50 %. Dieu merci, la candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du monde 2010 profitera à ce dossier. L’élection d’un nouveau bureau changerait-elle quelque chose à la situation actuelle ? Cela ne servirait à rien de changer de personnes tant que la situation financière n’a pas changé. J’ai une expérience de 40 années d’association et je pourrais dire qu’il faut revoir leurs statuts. Je ne rentre pas dans l’aspect réglementaire mais fonctionnel. Je tiens également à préciser que l’actuel bureau fédéral à effectué un travail fantastique, essentiellement au niveau de l’organisation administrative de la fédération.

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