Raja : Le grand chambardement

Un entraîneur s’en va, des dirigeants sont sanctionnés et des joueurs sont suspendus. Le mot «purge» peut sembler excessif pour qualifier ce qui se passe actuellement au Raja de Casablanca. Mais la tendance infléchie fait que les mouvements qui s’y opèrent y ressemblent beaucoup.
Le divorce entre le Raja de Casablanca et l’entraîneur belge Walter Meeuws a été prononcé lundi. C’était inévitable. Tant les Diables Verts ont semblé avoir du mal à se remettre de leur finale perdue face au Zamalek en Ligue des champions d’Afrique de football.
Haj Abdeslam Hanat, le président du Raja, évoquera «une séparation à l’amiable avec M. Walter Meeuws». «La séparation fait partie des choses de la vie», a-t-il déclaré à Aujourd’hui Le Maroc, soulignant qu’un entraîneur est toujours sur la sellette. Walter Meeuws est un grand monsieur, mais les résultats n’ont pas suivi, a-t-il poursuivi, ajoutant que «cette situation est également due aux conditions qui ont prévalu après la défaite face au Zamalek». Mais M. Hanat ne rejette pas l’entière responsabilité sur Meeuws, qui s’est montré «compréhensif», en affirmant que celui-ci a aussi péché par malchance. Et d’illustrer ses propos en affirmant que le Raja «a fait des matches pleins, mais qu’il n’arrivait pas à se débarrasser de la guigne qui le poursuivait». Il faut dire que le bilan affiché depuis le début de saison n’est guère reluisant pour un club qui a remporté le championnat six saisons d’affilée. Douzième au classement, avec deux victoires, huit matches-nuls et deux défaites en douze matches.
La pression du public aidant, la position du coach devenait de plus en plus intenable. La victoire contre le WAC en match-derby lui avait certes donné une bouffée d’oxygène et un peu de répit, mais le match-nul face au Tihad Sportif de Casablanca (TSC) avait réactivé la crise. En attendant le recrutement d’un nouvel entraîneur, l’intérim sera assuré par Mohamed Nejmi. Mais déjà, et même s’il n’y a pour l’instant pas de pistes précises, le secrétariat du Raja a reçu «trois ou quatre CV d’entraîneurs nationaux et étrangers».
Le problème de résultats et d’entraîneur n’est pas le seul que connaisse le Raja, dont le comité a pris, lundi soir, plusieurs mesures disciplinaires et sanctions à l’encontre de certains dirigeants et joueurs du clubs. Le comité, qui a tenu une réunion extraordinaire après son divorce avec Walter Meeuws, a décidé de geler les activités jusqu’à la fin de la saison de Abdellatif Lasky, l’un des doyens des dirigeants du Raja, et Mohamed Ouafiq, le trésorier qui avait démissionné la semaine dernière. Il sera remplacé par Mustapha Dahnane, un autre membre du comité, qui aura Abdelkader Bouderraja pour adjoint, alors que le contrôle financier sera effectué par Abderrahim Doghmi, le président de la commission financière.
Le comité a également décidé de la suspension jusqu’à nouvel ordre de Saïd Bouzarouata, le secrétaire administratif du club, et ce dans le sillage de l’affaire des réserves techniques Raja/JSM. C’est le secrétaire général du club qui assurera cette fonction, alors que l’administration générale du club sera sous la responsabilité directe du président Hanat. «Nous avons été obligés de prendre ces mesures, car il y avait un peu de laisser-aller, sur le plan de l’administration, sur le plan disciplinaire…», a ajouté M. Hanat, soulignant qu’il «fallait secouer le cocotier». Les joueurs sont également concernés puisque Zakaria Aboub, un récidiviste, et Noureddine Kacimi, un joueur caractériel, ont été suspendus pour une durée indéterminée.
Pour sa part, Abdelouahad Abdessamad a été mis à l’écart jusqu’à l’examen de son cas par la commission de discipline. Ces mesures-sanctions réussiront-elles à remettre à flot le bateau du Raja, douzième au classement, à treize points du hassania d’Agadir, actuel leader du GNF I ? Seul l’avenir nous le dira.

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