Sauvegarder le Pur sang arabe

L’événement, annoncé mardi dernier lors d’une conférence de presse, tenue au haras du Kasba de Bouznika, aura lieu dimanche prochain à l’hippodrome d’Anfa. Et il vaut le détour. Le Concours international des Pur sang arabes.
Une compétition où la beauté, la vitesse et l’endurance seront au rendez-vous et qui comprend, comme on l’a annoncé (voir n°125), quatre compétitions : le Grand Prix de S.M Mohammed VI, Grand Prix Moulay Rachid, le G.P de l’association marocaine des éleveurs de chevaux Pur sang et le G.P du ministère de l’agriculture. Des courses auxquelles s’ajoute une cinquième compétition, décidée à la dernière minute. Il s’agit du Grand Prix de la Palestine qui intervient en soutien à la cause du vaillant peuple palestinien. Revêtant un caractère volontariste, plusieurs propriétaires marocains de chevaux et concurrents y ont signé présents. Le montant du prix, d’une valeur de 250.000 DH , sera versé à Bayt Mal al Qods.
Plus qu’une simple course au prix, le concours est également une opportunité pour les propriétaires et les cavaliers de tester les potentialités des chevaux marocains et leur aptitude et capacité à concourir au niveau international. C’est ce qu’ont indiqué Abdelhak Tber, le président de la Société royale d’encouragement du cheval (SOREC), et son adjoint le docteur Slimani, organisateur de l’événement en collaboration avec le ministère de l’agriculture. «Cela fait plusieurs années que nous tentons d’organiser une compétition d’une telle envergure. Mais nos précédentes expériences n’ont jamais abouti. Certes, il reste beaucoup à faire au niveau de l’organisation et des prix qui restent modestes cette année. Mais nous ne en sommes qu’à nos débuts et le meilleur est à venir. Nous espérons faire de cette course une tradition et une rencontre annuelle attirant les meilleurs chevaux et cavaliers du monde».
En effet, la valeur des prix ne dépasse guère 250.000 DH, un montant qui reste modique par rapport aux autres courses dans le monde qui peuvent atteindre les trois millions de dollars. Mais, à voir les pays participants (France, Italie, USA, Tunisie, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis…), le succès de cette première édition se fait d’ores et déjà sentir. La large couverture médiatique dont elle bénéficiera, particulièrement de la part d’une chaîne française spécialisée et de la télévision saoudienne, seront là pour en donner l’écho. Cette manifestation coïncide également avec l’élaboration par le ministère de l’agriculture d’une stratégie à moyen et long terme pour le développement de l’élevage des chevaux pur sang arabes au Maroc. S’exprimant sur ce sujet, Mohamed El Cohen, chef de la division des haras au ministère de l’agriculture, a souligné la régression qu’a connue le secteur de l’élevage équin ces dernières années. « e 450.000 chevaux en 1950, on est passé à 152.000 en 2000. Sécheresse, coût élevé de l’élevage, manque sinon absence de rentabilité, le machinisme que connaît l’agriculture…Des raisons qui, entre autres, ont fait que les éleveurs s’intéressent de moins en moins aux chevaux, encore moins les Pur sang. On court le risque d’une disparition progressive du cheval au Maroc», a déclaré M. El Cohen, tirant la sonnette d’alarme. Le programme 2002-2015 établi par le ministère, et dont le coût global s’élève à plus de 298 millions de dirhams, intervient à point nomme donc afin de pallier cette situation. Ceci, à travers une meilleure connaissance de l’élevage équin (structure des troupeaux, répartition géographique, etc), la sauvegarde et l’encouragement à la production du cheval Barbe (berbère) et Arabe-berbère (le croisement entre les deux races), et la révision des structures des haras régionaux dans le sens d’un allégement de leur nombre et un renforcement des moyens de contrôle et d’encadrement technique.
L’amélioration génétique et la vulgarisation des techniques modernes de reproduction équine sont aussi au programme. Un centre d’insémination artificielle, le premier du genre au niveau africain, a été créé au haras de Bouznika depuis mars dernier et il devra contribuer à diversifier la reproduction et à réduire le nombre des étalons et ce en raison du coût élevé qu’ils nécessitent.
Trouver des débouchées reste la condition sine qua non de la réalisation d’une telle ambition. La fantasia, dont les troupes seront organisées en association, représentées aux concours locaux et régionaux et, pour les meilleurs, au championnat national organisé par la FRMSE, constitue un marché à exploiter. Le tourisme équestre sous toutes ses formes est aussi un secteur où une activité pareille prospérerait. Encore faudrait-il trouver des investisseurs capables de s’y aventurer.

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