Tous contre le dopage

Comité olympique international, Agence mondiale antidopage, Fédérations sportives et comités olympiques nationaux, le monde du sport se mobilise. En conclave à Copenhague de lundi à mercredi, un millier de délégués se pencheront sur le texte d’un code mondial permettant d’harmoniser et de coordonner la lutte anti-dopage à l’échelon planétaire.
Les débats autour des vingt-quatre articles réunis en une cinquantaine de pages seront houleux. Et pour cause, plusieurs de ces articles ne font pas l’unanimité.
La première critique émane de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Son président, le Canadien Dick Pound, a admis que ce projet de code ne mettait pas tous les athlètes sur un pied d’égalité. Il a expliqué que les Ligues professionnelles (les championnats nord-américains de basket-ball ou de hockey sur glace, notamment), qui ne dépendent ni de fédérations sportives internationales, ni de gouvernements, ne pouvaient être qu’«invitées à s’aligner» tandis que les autres sportifs y seraient contraints. Cet avis est partagé par le Comité International Olympique (CIO), initiateur et principal bailleur de fonds de l’AMA.
Son président, Jacques Rogge, a estimé que le projet de Code soumis à la conférence internationale de Copenhague était «trop conciliant avec les Ligues professionnelles». Le Belge s’est déclaré résolu à obtenir une amélioration du projet sur ce point.
Le code est également jugé « trop sévère» de la part de la fédération internationale de football (FIFA) et de cyclisme (UCI) notamment. Le texte prévoit que, sauf à faire la preuve qu’il a été dopé à son insu, tout sportif contrôlé positif sera interdit de compétition pendant deux ans et suspendu à vie en cas de récidive. Pour ces deux fédérations, les conséquences de ces mesures seraient plus graves pour leurs pratiquants que pour ceux d’autres disciplines comme les sports équestres ou le tir. Des disciplines où la longévité de la carrière de sportif de haut niveau est bien supérieure.
Pour l’AMA au contraire, il est impératif que la menace soit dissuasive et égale pour tous. Elle estime qu’autoriser un barème de sanctions spécifique pour chaque sport laisserait la porte ouverte au laxisme et à l’injustice.
Si les participants à la Conférence de Copenhague parviennent à se mettre d’accord sur un texte, celui-ci sera ultérieurement proposé à la signature de chacune des organisations sportives en vue d’avoir force de loi au plus tard le 13 août 2004, date d’ouverture des Jeux Olympiques d’Athènes. Les gouvernements, pour leur part, ne peuvent juridiquement se soumettre à un instrument tel le Code en discussion à Copenhague.
C’est pour cela qu’ils seront invités à parapher, en premier lieu, une «Déclaration de Copenhague» d’ici les Jeux Olympiques d’Athènes. Ils auront jusqu’aux JO d’hiver 2006 à Turin pour signer une «Convention» ou toute autre procédure adaptée au contexte constitutionnel et administratif de leur pays.

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