Un nouveau sport national

Ne cachant nullement sa déception, suite à la sortie par la petite porte des karatékas nationaux des jeux méditerranéens d’Almeria-2005, Fathallah Rahmani, l’entraîneur national, était loin de se douter de ce qui se tramait dans la tête de ses hommes. S’il était persuadé que ses protégés avaient la tête dans les nuages, avant et pendant les rencontres qu’ils ont disputées, il ne pouvait s’attendre au pire que le fait de rentrer bredouille.
Pourtant, le pire est arrivé. Quatre karatékas marocains ont saisi l’occasion de leur présence à Almeria pour mettre les voiles, ou, pour ainsi dire, les brûler. Il s’agit de Ayoub Hachem, Tawfik Boukhari, Jawhar Badaoui, Othmane Medioune qui, du jour au lendemain, ont disparu de la circulation.
Une disparition qui  confirme à plusieurs égards les appréhensions nourries par Fathallah Rahmani qui avait remarqué depuis le tout début de la compétition « l’indiscipline et le manque de concentration» de ses protégés. A sa grande «surprise et déception». Bien avant que la nouvelle  éclate, et dans des propos relayés par la MAP, l’entraîneur disait que «les joueurs cogitaient ailleurs. Même sur le tatami mes consignes ne passent  pas!».
Il était donc normal que les karatékas nationaux fassent grise mine aux quinzièmes jeux, sans la moindre consécration, alors qu’ils étaient les grands favoris pour le podium. «Nous avons eu des occasions en or et plus d’un karatéka aurait pu monter sur le podium», a expliqué, avec amertume et l’air quelque peu lunaire, M. Rahmani. Si, pour lui, il faut tout remettre en cause, pour les quatre karatékas «brûleurs», c’était tout réfléchi. Dans des propos rapportés par le confrère Al Mountakhab, ils expliquent leur comportement par «le véritable enfer» qu’ils vivent dans les compétitions locales et leurs «désirs» d’améliorer leur situation. Se disant victimes de la Fédération royale marocaine de karaté, ils ont affirmé n’avoir eu aucun autre choix à part celui de prendre la vague. Celle qui veut que tous les moyens sont bons, l’immigration clandestine, pour se faire un présent et, peut-être, un avenir.
Discipline jusque-là épargnée par ce fléau, mais quelque part compréhensible, tendance qu’ont plusieurs de saisir la moindre occasion pour mettre les voiles, le karaté entre désormais dans le giron de ces sports pateras.  Au risque de susciter la honte de tous. Une honte doublée d’une autre, celle des résultats. Les plus décevants auront été ceux de Samira Ladhem, engagée dans la catégorie des moins de 60 kg,  et  battue dès le premier tour par la Croate Petra Narandja, avant de s’incliner face à l’Egyptienne Najlae Ibrahim en match de repêchage.
Dans la catégorie Open, Souad Fadel a subi la loi de l’Espagnole Gloria Casanova Rodruguez au premier tour, puis de la Bosniaque Nadia Mecheri en  match de repêchage (7-0), alors que Ismail Assissel a été simplement éliminé par le Turc Yusuf Baser (3-1). Lors de la première journée, le même sort a été réservé à tous les autres karatékas, chacun et chacune dans leurs catégories respectives.

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