Une victoire peu convaincante

Une victoire peu convaincante

Le Maroc a vaincu, mais il a été loin d’avoir convaincu. Tel est la manière  dont on peut résumer la rencontre  disputée, samedi 3 septembre au Complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat, entre les Lions de l’Atlas et les Zebras du Botswana. S’il est vrai que le Onze national a réussi l’essentiel au cours d’une rencontre capitale, comptant pour la 9è et avant-dernière journée des éliminatoires combinées qualificatives pour le Mondial et la CAN 2006 de football, la sélection marocaine a tout de même déçu. Au jeu, qui a terriblement manqué de cohérence, aggravé par l’attitude défensive adoptée par l’équipe adverse, est venu s’ajouter le manque de concentration qui a caractérisé plusieurs éléments. Ce qui s’est traduit par autant de ratages, notamment dans la zone de vérité. Malgré la large offensive menée d’entrée de jeu par les coéquipiers de Talal El Karkouri, fraîchement désigné capitaine de l’équipe nationale et qui  a été, sans conteste, l’homme de la rencontre. Avant que ce dernier ne sauve la mise, les Lions de l’Atlas ont bien peiné à imposer leur rythme. La première véritable occasion de but ne s’est présentée qu’au bout de huit minutes de jeu, sur une bonne passe, pour être magistralement manquée par Ahnafouf. Ce dernier aura d’ailleurs brillé par son absence et son manque d’engagement. Ce qui lui vaudra d’être remplacé.
Au fur et à mesure que le match avançait, les Marocains ont commencé à montrer plusieurs faiblesses. Pour la grande déception du public, plutôt large, qui était présent dans les gradins, et la joie des Zebras. Reprenant confiance, ces derniers ont mené quelques tentatives, sur des contres, qui n’étaient pas sans déstabiliser le Onze national, semant des doutes quant à ses véritables capacités et craintes, quant à une éventuelle mauvaise surprise.  Seules certaines attaques témoignaient que la sélection avait toujours ses chances. A noter, l’attaque orchestrée par Oualid Regragui (38è), brillant, débordant sur le flanc droit avant de servir en profondeur Youssef Hajji -l’autre grand absent- qui n’a su quoi faire de son ballon.  Des chances qui ont substantiellement diminué à la reprise. N’était-ce la détermination du constant Talal El Karkouri qui, à la 55è min, sur une balle tirée en toute finesse par Noureddine Boukhari, a poussé le cuir dans les filets du keeper botswanais. Au ouf de soulagement qui a  suivi ce but précieux se sont ajoutées d’autres tentatives, vaillamment bloquées par les Zebras, qui ont même failli renverser la tendance à 81ème minute sur une mauvaise passe de Lamyaghri. Les Lions de l’Atlas dominèrent les débats par la suite, mais sans influencer le résultat.
Peu convaincants, les protégés de Badou Zaki ont toutefois grappillé les trois points qui leur permettent de rester en course pour le sésame du Mondial allemand.
La mission de qualification pour le Mondial s’annonce cependant délicate pour les Marocains car il va falloir aller chercher la victoire à Tunis lors de la 10-ème et dernière journée, le 8 octobre prochain.
Les Tunisiens, qui sont allés chercher une précieuse victoire au Kenya (0-2), dans l’après-midi du même samedi à Nairobi, partent favoris. Mais le sélectionneur national promet un miracle. « Je tiens toujours à ma parole et je promets la victoire à Tunis lors de la dernière journée pour décrocher le billet du mondial ». Pour Zaki, cité par l’agence MAP, la performance peu convaincante de l’équipe nationale est voulue.  «Nous avions un seul objectif à savoir la victoire, c’est pourquoi nous avons privilégié le résultat à la manière». Youssef Safri ne dira pas le contraire : «La victoire était notre objectif et non pas le spectacle. Nous avons réussi à obtenir les trois points et il va falloir  maintenant se concentrer sur le dernier match décisif contre la Tunisie». Un match où les deux équipes n’auront pas droit à l’erreur, et où le Onze national sera à la fois débarrassé d’une quelconque pression et motivé par sa soif de vengeance après la défaite en finale de la dernière CAN. Deux bonnes raisons pour l’emporter. Et jusqu’au bout, il faut y croire.

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