Vigilance au pays du soleil levant

Des couloirs séparés pour l’accès des fans aux stades, des milliers de vigiles et de policiers, des filets anti-hooligans et des tenues anti-émeutes. Comme les Japonais savent si bien le faire, rien n’est laissé au hasard en matière de sécurité pour la coupe du monde qui démarre le 31 mai. Un budget de 23,4 millions d’euros a été consacré par le comité d’organisation (JAWOC). « Le Japon n’est ni trop loin, ni trop cher pour les hooligans. Nous sommes sûrs qu’ils viendront», a prévenu Yasuo Niimi, super-intendant de l’Agence nationale de police (ANP) en charge de la sécurité du Mondial 2002. «Le phénomène de la violence dans les stades nous est totalement inconnu, c’est pour cela que j’ai mis la priorité sur l’échange d’informations avec les pays européens», a expliqué ce haut responsable, rentré il y a un an de France, pays organisateur du Mondial 1998, après un séjour de trois ans.
Très soucieux de son image pendant le Mondial, le Japon a pris des contacts avec « presque tous les pays qui ont des mouvements de hooligans, notamment la Grande-Bretagne et l’Allemagne», a-t-il ajouté. Les forces de l’ordre s’entraînent en visualisant des films réalisés pendant le Mondial 1998 et l’Euro 2000 et se livrent à des exercices musclés. Plusieurs matches, tels Argentine-Angleterre, le 7 juin à Sapporo, et Angleterre-Nigeria, le 12 à Osaka, ont été classés à risque. Les vidéos montrant des hooligans ont été traduites et envoyées aux dix préfectures où se joueront les rencontres.
Des polices locales se sont dotées de matériel spécial pour neutraliser les éléments violents: le «net gun», un fusil pouvant lancer un filet à cinq mètres de distance, ou des bâtons munis de crochets. 8600 policiers anti-émeutes ont été équipés d’une tenue à la Robocop de 10,6 kg avec casque, combinaison renforcée et bouclier transparent.
De telles mesures ne remontent pas à hier puisque le Japon travaille depuis l’automne 2001 sur le renforcement de son arsenal législatif. Le but est de pouvoir condamner et expulser immédiatement tout élément perturbant les matches, et a demandé aux pays d’origine des hooligans de ne pas les laisser sortir.
«Une zone d’accès délimitée par des barrières sera mise en place autour de chaque stade et des parkings, a indiqué Takahisa Ishida, responsable de la sécurité au JAWOC.
Elle sera surveillée par 1500 gardes dont 1000 professionnels et 500 volontaires ». Les vigiles, qui s’appuieront au stade de Yokohama sur 120 caméras de surveillance, communiqueront via un réseau radio sécurisé et seront épaulés en cas de problèmes par la police.
À Yokohama, il y aura 2000 gardes dans l’enceinte du stade et environ 300 à l’extérieur.
Le nombre total de policiers prévus pour le Mondial n’est pas connu, mais on pourra compter sur environ 10.000 agents par préfecture et, pour la finale, quelque 44.000 policiers de l’agglomération de Tokyo seront mis en alerte.

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