Economie

Choyer l’investisseur arabe

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ALM : Quel état des lieux faites-vous de l’investissement arabe au Maroc ?
Hassan Bernoussi : Les investissements émanant des investisseurs de pays arabes connaissent une croissance notable au Maroc. Mais on ne peut pas les dénombrer. Tous les chiffres relatifs à la mesure et l’importance de ces investissements demeurent approximatifs. Et pour cause, le déficit en outils statistiques nous pose un énorme problème. Ce dernier est lié à la nature même des outils utilisés qui prennent en considération l’origine du fonds, et non pas la nationalité ou l’origine de l’investisseur. Nous avons l’exemple du Holding Corral. Si l’on prend en compte les statistiques, ce serait un investissement suédois, alors qu’il s’agit d’un investissement saoudien. Idem pour l’Amphitrite Palace de Skhirate, saoudien mais qui est considéré comme suédois. On ne peut donc pas saisir ces investissements dans toute leur étendue, à moins que l’on pousse la recherche plus loin, ce qui fera l’objet de nos enquêtes à venir.
Quels sont les principaux secteurs vers lesquels ces investissements sont tournés ?
Les secteurs vers lesquels les investissements arabes sont concentrés davantage sont le tourisme et l’immobilier. C’est ce qu’on appelle des investissements dans le béton. Les raisons qui en font des secteurs de prédilection sont au nombre de deux. D’une part, ce sont des secteurs où les investisseurs arabes intéressés par le marché marocain disposent d’un savoir-faire à toute épreuve. De l’autre, ces deux activités n’impliquent pas de gros risques, même si le tourisme reste en proie aux aléas des conjonctures nationale et internationale.
Sachant que les investissements arabes ne représentent que 15% du total des investissements étrangers destinés au Maroc, quels sont les handicaps majeurs qui entravent le développement de ces investissements ?
En matière des avantages fiscaux qu’offre le Maroc, le pays est aligné aux standards internationaux. Le pays jouit également d’une stabilité politique et d’une ouverture économique à même d’en faire un pôle d’attraction des investissements arabes. Les difficultés auxquelles les investissements arabes sont liés résultent des prestations et services qu’offre le Maroc ainsi qu’au comportement particulier des investisseurs qui requiert une attention tout aussi particulière. Si jamais nous ne sommes pas suffisamment disponibles ou entièrement à l’écoute, certains considèrent qu’il s’agit d’une malveillance de notre part. L’investisseur arabe type a besoin, et à juste titre, d’être choyé.
Du côté marocain , que reste-t-il à faire pour accélérer la cadence et gagner une part plus élevée des investissements arabes au Maroc ?
Il faut surtout un effort supplémentaire en matière d’innovation sur les méthodologies de travail. Aussi, une politique progressive de promotion est un impératif urgent, non seulement dans des secteurs où le plus de succès a été enregistré, mais aussi et surtout les niches de développement, à même d’ouvrir d’autres perspectives de croissance aussi bien pour l’investisseur que pour l’économie nationale. Un effort de prospections dans les pays émetteurs d’investissements, d’animation et de communication, en fournissant des solutions à chaque investisseur est aussi à consentir. A cela, s’ajoutent un accompagnement, via la mise en place d’une procédure d’accueil des projets puis un suivi des projets. Aussi, il est question de professionnaliser les équipes en charge des investissements arabes, par fonction et par pays émetteur.

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