Mariam Ben Omar : Avec cette start-up, une nouvelle forme de consommation est née

Mariam Ben Omar : Avec cette start-up, une nouvelle forme de consommation est née

Entretien avec Mariam Ben Omar : fondatrice de Vesttys

Mariam Ben Omar, 27 ans, est une jeune fille bien inspirante. Ayant décroché un master en finance et contrôle de gestion, en France, elle est en poste en tant que responsable financière dans une société de textile. Mais sa fibre entrepreneuriale lui fait vivre sa propre aventure ; celle qui lui tenait tant à cœur depuis ses années de faculté. Elle vient de lancer sa propre startup, Vesttys, qui permet à ses utilisateurs d’acheter, vendre ou troquer ses vêtements en seulement quelques clics. Conçue comme une marketplace C to C qui met en relation ses utilisateurs pour vendre, acheter ou troquer ses vêtements, le service est 100% gratuit. Aucune commission n’est prélevée lors d’une transaction Vesttys. Au-delà d’une plateforme commerciale, il s’agit en fait d’un réseau social et les utilisateurs peuvent discuter et échanger sur la mode grâce à la messagerie intégrée et au forum. Pour la jeune femme, ce nouveau concept représente un choix de consommation plus responsable. «Plutôt que de le jeter, le remettre en vente permet de valoriser le produit dans un nouveau cycle de vie, d’arrondir ses fins de mois, mais également de changer ses habitudes de consommation. Le fonctionnement est simple. Il suffit de créer son profil avec une photo et la possibilité de se connecter directement. On télécharge ainsi ses photos pour créer son dressing. Les articles désirés peuvent être ainsi sélectionnés. La personne peut envoyer également un message pour avoir plus d’informations», explique-t-elle. Retour sur un entrepreneuriat au féminin bien inspirant.

ALM : Comment vous est venue l’idée de créer une telle plateforme communautaire ?

Mariam Ben Omar : Lors de mes années d’étude en France, j’ai compris à un moment que j’avais une dépendance au shopping, je me retrouvais avec plusieurs articles que je n’utilisais pas. La plupart d’entre eux restaient avec l’étiquette. Quelques jours plus tard, une copine m’a parlé d’une plateforme qui permettait de mettre en vente ses vêtements : une sorte de vide dressing virtuel. Je suis donc moi-même devenue vendeuse sur le site en créant mon propre dressing. Quelques années plus tard, je suis rentrée définitivement au Maroc, est c’est là que j’ai commencé à ressentir l’importance de cette plateforme dans mon quotidien.

Pourquoi ne pas lancer le même concept au Maroc, me dis-je ? Surtout que je voyais pas mal de pages de vide dressing sur Instagram ; autant regrouper le tout dans une seule plateforme… L’idée germa ainsi mais je n’osais faire le pas. Ce n’est qu’en novembre 2019 que j’ai commencé à contacter les agences web. Les retours n’étaient pas tous encourageants mais une fois le concept lancé, je ne voulais plus laisser tomber. Le 11 février dernier, la première réunion de démarrage avec l’agence web signa le début de l’aventure. Ralentie par le confinement, la plateforme a pris 8 mois pour se développer, et a été officiellement lancée le 18 octobre 2020..

Quelle est la rentabilité d’un tel site pour vous ?

Le site est 100% gratuit, c’est-à-dire sans commissions et sans frais d’inscription. Néanmoins en plus des bannières publicitaires et afin de rentabiliser le site et satisfaire les utilisateurs, des options au choix seront mises en place. La première consiste en une option Boost qui permettra de faire apparaître le dressing ou l’article en première position. C’est-à-dire lors d’une recherche d’un article précis, la personne ayant souscrit à cette option verra son produit apparaître en premier dans la sélection avant les autres. Secundo, les utilisateurs auront prochainement le choix de passer par la plateforme pour le paiement. Un portefeuille intégré au site sera mis en place. Ceci permettra d’assurer le paiement et la livraison d’un produit. Lorsqu’une personne choisit de passer par la plateforme lors d’un achat, l’argent sera stocké sur la plateforme et ne sera versé sur le portefeuille du vendeur que lorsque ce dernier confirmera la réception de son article. Cette option sera payante mais fera guise d’assurance pour l’acheteur, à savoir qu’en cas de non réception de l’article, il sera totalement remboursé. Cette option sera à payer par l’acheteur, ce qui n’impactera pas le prix de base mentionné par le vendeur.

Comment êtes-vous organisée en back office?

Tout se passe entre vendeur et acheteur. Un espace messagerie est disponible sur le site pour une meilleure communication. Il permet de mettre en relation les utilisateurs au cas où ils ont besoin de plus d’informations ou photos sur le produit mais aussi afin de discuter sur les modalités de paiement et de livraison. Une fois que le paiement sur le site sera disponible, la plateforme sera donc un intermédiaire supplémentaire pour plus d’assurance.

Qui fait la sélection des articles?

Étant donné que le site vient d’être lancé, j’ai choisi de m’occuper de tout avant d’embaucher afin de connaître tous les aléas du site. Toute nouvelle inscription et tout ajout d’article sont vérifiés avant la mise en ligne afin de s’assurer que cela corresponde au concept et que cela n’enfreigne pas les conditions d’utilisation du site.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Il s’agira, tout d’abord, de mettre en place le portefeuille intégré, car c’est ce qui donnera plus d’assurance et de crédibilité lors d’un achat. J’aimerais aussi pouvoir collaborer avec une société de livraison qui pourra installer directement sur le site un système de gestion de colis provenant de Vesttys, soit en lui accordant un numéro de suivi spécial ou autre.

Comment comptez-vous réagir si l’engouement est trop fort ?

C’est l’une des principales raisons pour laquelle j’ai choisi de tout faire et gérer moi-même au début, afin d’être prête à déléguer. Face à un engouement que je ne pourrais pas gérer seule, j’aurais eu le maximum de connaissances sur tous les aléas du site. Ce sera, quelque part, une incitation à l’évolution. Donc quoi de mieux que de pouvoir satisfaire tout le monde tout en embauchant de nouvelles personnes plus qualifiées et qui pourront aussi rapporter de nouvelles idées pour le développement de Vesttys ? Pour une petite entreprise, se permettre le recrutement est signe de succès !

Le mot de la fin…

J’aimerais encourager toutes les personnes à contribuer à cette économie circulaire car c’est un moyen simple de s’engager dans des choix de consommation plus responsables. Au lieu de se débarrasser d’un vêtement, le remettre en vente permet de valoriser le produit dans un nouveau cycle de vie, d’arrondir ses fins de mois, d’offrir la possibilité à une personne de se le procurer moins cher mais également de changer ses habitudes de consommation.

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