Société

Quand le doute pousse au crime

© D.R

Dimanche 31 juillet, Fatna, la mère de Mustapha, était sur le chemin du retour vers le douar Ouled Kheyi, à Tlate Sidi Bougadra, province de Safi. Elle était très heureuse de cette après-midi qu’elle a passé en compagnie de ses amies à l’occasion de la célébration du mariage d’un jeune couple. Des moments inoubliables, surtout que la cérémonie était animée par un groupe de chanteuses populaires « Chikhat ».
Arrivée au seuil de sa maison, elle cherchait les clés de la porte dans son sac. Soudain, son fils Mustapha a poussé fortement la porte et l’a attaquée en tentant de l’étouffer par ses deux mains souillées de sang.
Elle tomba par terre et lança un cri strident en signe de secours. Son fils, qui était dans un état hystérique, l’a abandonnée et a pris la fuite. Horrifiés, les voisins et voisines se sont précipités vers la maison de Fatna, d’où émanent les cris. Ils l’ont étendue par terre inconsciemment. Ils étaient affolés. «Mustapha, Mustapha… Habi-ba…», a appelé l’un des voisins qui s’attroupaient autour de Fatna tentant de l’aider à s’éveiller. Personne ne répond. « Y a-t-il quelqu’un à l’intérieur de la maison ? », se demandaient les voisins. Pour en savoir plus, deux voisins y sont rentrés. Terrifiés par l’horrible scène qu’ils viennent de voir, ils sont restés immobiles dans leur place. Habiba gisait dans une mare de sang, entourée de ses deux enfants. Son dernier nouveau-né, âgé de 40 jours, était plongé dans un sommeil profond sur le lit.
Certains des voisins se sont préoccupés de Fatna qui était encore sous le choc, tandis que d’autres sont partis à la recherche de Mustapha qui a disparu. À ce moment, l’un des voisins téléphona aux gendarmes de Tlate Sidi Bougadra. Quelques minutes plus tard, ils sont arrivés sur les lieux. Ils ont déclenché une enquête en effectuant d’abord un constat d’usage. Ils ont entendu les déclarations de la mère qui leur a confirmé que son fils, dont les mains étaient tachées de sang, l’avait attaquée. L’enfant aîné de Mustapha, qui pleurait à chaud, leur a affirmé avoir assisté à son père qui lardait le corps de sa mère de coups de couteau. Aussitôt, les éléments de la gendarmerie royale qui ont alerté les éléments de la protection civile pour l’évacuation du corps de la défunte, se sont lancés à la recherche de Mustapha. Né au douar Ouled Kheyi, à Tlate Sidi Bougadra en 1975, Mustapha a quitté très tôt les bancs de l’école. Après quoi, il a rejoint quelques maçons qui se chargeaient de construire les maisons du douar.
Un an et demi plus tard, il quitta sa famille à destination de Khemisse Zmamra. Pour subvenir à ses besoins, il a travaillé dans un four. Seulement, il a regagné son douar une année plus tard.  Ses frères ne voulaient pas de lui. Car, il est devenu cruel, bagarreur et toxicomane. Pire, il est devenu un grand malfrat. Il décida alors de quitter à nouveau le douar pour partir à Casablanca. Il demeura quelques temps puis regagna la perle du sud, Agadir. Un jour, sa mère était très surprise de le voir rentrer à la maison, lui annonçant qu’il désire se marier. Pleine de joie, sa mère lui proposa sa cousine, Habiba, née en 1981. Après son mariage, Mustapha décida de s’installer définitivement au douar.
Une année plus tard, un premier enfant est venu lui égayer son foyer. Un deuxième bébé naquit puis un troisième. Ce dernier, nommé Abdelkbir,  a vu le monde au cours de la dernière semaine du mois de juin. Il ne ressemblait pas à sa petite famille : sa couleur et ses traits étaient différents de ceux de son père et de ses deux frères. Mustaphfa commença alors à soupçonner sa femme. Un jour, il a accusé d’adultère. «Abdelkbir n’est pas mon propre fils. Qui est son véritable père?», lui a-t-il lancé au visage. Cette question le hantait.
La nuit de dimanche 31 juillet, sous l’effet de l’alcool et du kif, Mustapha a réveillé sa femme pour faire l’amour avec elle. Avant de passer à l’action, il lui posa la mêm question: « Qui est le véritable père de Abdelkbir ? ».  «Elle m’a confié l’avoir eu avec un jeune homme du douar avec lequel elle entretenait une relation amoureuse. Elle m’a également confié que les habitants du douar sont au courant », a-t-il affirmé aux enquêteurs suite à son arrestation la même nuit du crime.  Seulement, les voisins ont témoigné en faveur de la défunte. Hors de lui, a-t-il précisé aux enquêteurs, il a saisi un couteau et il lui a asséné trois coups de couteau au niveau du cou.
Mardi 2 août, Mustapha est traduit devant la Cour d’appel de Safi pour coups et blessures ayant entraîné la mort de sa femme ainsi que pour consommation de drogue.

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