batteries automobiles : La pénurie du plomb «plombe» le secteur

batteries automobiles : La pénurie du plomb «plombe» le secteur

Mais que se passe-t-il donc du côté des industriels des batteries automobiles ? Les usines tournent au ralenti, en deçà de leur capacité de production. Principal pointé du doigt pour expliquer la morosité de ce secteur autrefois florissant : le plomb, principal intrant dans la fabrication des batteries et qui est de moins en moins disponible au Maroc. Les producteurs nationaux de batteries dénoncent, en effet, en chœur l’absence et la rareté sur le marché de ce matériau qui pourrait pénaliser lourdement tout un secteur. Les responsables seraient les collecteurs de batteries usagées qui se tourneraient de plus en plus vers les exportateurs pour écouler le plomb récupéré.

 

Les exportations mettent du plomb dans l’aile…

Derrière cette situation, des exportations de plomb qui montent en flèche. «Ironie du sort, nous les industriels, nous ne trouvons guère de plomb, tandis qu’il est exporté à tout va et en grande quantité vers les marchés étrangers et à partir du Maroc», alerte un opérateur du secteur, visiblement très affecté par cette pénurie du plomb. Et d’ajouter que «les usines de fabrication de batteries ne tournent qu’à 30% de leur capacité et si nous continuons sur cette voie c’est tout un pan de l’industrie marocaine qui risque de s’arrêter totalement». 

Mais qui est donc le responsable de la déroute de tout un secteur ? Tous les industriels dénoncent les collecteurs de déchets de plomb et de batteries usagées qui écoulent leur collecte en la prédestinant exclusivement à des intermédiaires qui l’exportent vers l’étranger. Selon les opérateurs du secteur, «les collecteurs y gagneraient plus, car les intermédiaires leur offrent plus d’argent au kilo». 

 

Grosse chape de plomb pour les industriels

 Les fabricants de batteries affirment que «ces collecteurs opèrent dans l’informel le plus absolu, sans qu’aucun contrôle ne soit fait sur leur activité». Le secteur reste en effet l’otage de l’absence d’une réglementation. «De plus, les collecteurs agiraient dans l’irrespect le plus flagrant des règles les plus élémentaires de respect de l’environnement». Aujourd’hui, les batteries usagées sont la plupart du temps récupérées par des opérateurs informels qui récupèrent le plomb directement en brûlant les batteries à l’air libre ou en utilisant des fours rotatifs. Le combustible alimentant ces fours est fabriqué à partir d’huiles usagées, sans filtre pour les rejets, ce qui représente un grand danger pour les collecteurs eux-mêmes et pour ceux qui travaillent pour eux. Mobilisés, les industriels des batteries automobiles ont tout récemment encore (octobre dernier) saisi le ministère de l’industrie et du commerce en lui exposant leurs requêtes.

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