Embrayage : Le marché automobile algérien et ses paradoxes

Mais comment font les Algériens !? Comment font les importateurs automobiles algériens ? Comment font les acheteurs algériens de voitures neuves ? Des interrogations qui méritent d’être soulevées, lorsqu’on jette un coup d’œil sur le marché automobile de notre voisin de l’Est. Ainsi, au terme du premier semestre de l’année en cours, il s’y est vendu plus de 137.000 véhicules neufs, toutes catégories confondues. A titre d’exemple, les ventes de véhicules neufs au Maroc ont tout juste franchi la barre des 100.000 unités l’an dernier et devraient frôler ou dépasser le seuil des 130.000 au 31 décembre 2008. Alors, comment font-ils ces Algériens !? D’accord, notre voisin dispose d’importantes ressources naturelles qui font directement ou indirectement qu’il dispose du deuxième plus gros PIB (135,28 milliards de dollars US) du Continent Noir, après l’Afrique du Sud.
D’accord, ils (les Algériens) ont une superficie totale plus grande que la nôtre (2.381.741 km2 contre 710.500 km2) et d’un réseau routier bien plus étendu que celui du Royaume (76.028 km de routes goudronnées contre un peu plus de 65.000 km).  D’accord, ils sont un peu plus nombreux que nous : près de 35 millions contre un peu moins de 30 millions d’habitants dans tout le Royaume. D’accord, ils ont une législation assez favorable aux importateurs automobile et ce, dans le sens où les droits de douane sur les véhicules neufs ont été ramenés (depuis 1998) à 15% pour les voitures essence et 30% pour celles carburant au Diesel. En outre, la législation algérienne est même protectrice par rapport au lobby des importateurs automobile locaux, puisque l’importation des voitures d’occasion de moins de 3 ans est interdite et le restera encore pour un bon moment. D’accord, ils ont une offre beaucoup plus diversifiée qu’au Maroc et notamment du côté des petites voitures dites économiques, ainsi que des marques chinoises. D’accord pour tout cela. Reste que plusieurs paramètres restent contradictoires face au marché ou au parc automobile de notre voisin. On apprend ainsi qu’en Algérie, c’est le bus qui demeure le premier moyen public de locomotion terrestre. Curieux pour un pays où les ventes de voitures particulières explosent et où le parc compte plus de 3 millions de véhicules en circulation.  En outre, le crédit étant un phénomène relativement nouveau en Algérie, le gros des ventes de véhicules neufs s’effectue en cash. En d’autres termes, ce sont les ventes à crédit qui constituent l’exception et non l’inverse. Curieux pour un pays où le taux de chômage s’établissait à 17,1% en 2007 (soit en hausse de 1,5%), alors que ce même taux était de 9,8 % au Maroc en 2007.
Enfin, il est tout aussi curieux de voir que dans un pays producteur de pétrole, les voitures Diesel sont moins privilégiées qu’elles le sont au Maroc. Eh oui, ils n’ont même pas de gazole à 350 ppm !

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