Embrayage : Le parc augmente, le plaisir de conduite diminue

On le saura d’ici quelques jours : le marché automobile aura frôlé ou tout juste dépassé les 100.000 ventes de véhicules neufs pour la première fois en 2007. Alléluia ! Et alors ? Va-t-on rester sur cette image, somme toute idyllique pour les importateurs automobile et n’y voir qu’un indice de croissance ou de développement économique ? Non. La croissance du marché automobile national, et avec elle celle de tout le parc roulant, n’a pas que du bon. Ce parc, en progression continue durant ces dernières années, s’élève actuellement à plus de deux millions de véhicules. Et lorsqu’on sait que plus de 50% de ce même parc se concentre dans l’axe Casablanca-Rabat, on comprend alors pourquoi la circulation dans ces deux métropoles est devenue cauchemardesque. Qui, de la population active, n’en fait pas – l’amère – expérience au quotidien? C’est même l’enfer pour les nombreux automobilistes qui circulent en heure de pointe. Comme des troupeaux de bisons en cavale, les autos se suivent interminablement sur les grands boulevards. Elles se bousculent, se menacent et parfois même flirtent du pare-chocs. Le tout, dans une ambiance ultrasonore par la cacophonie des klaxons et électrique par les injures ou autres actes d’incivisme. Le soir, c’est carrément le festival «sons et lumières» que l’on retrouve en semaine. Même le week-end n’échappe pas à la règle, surtout du côté de la Corniche. Tout le monde veut sortir !
Parallèlement – et c’est une conséquence inévitable de la densité automobile en milieu urbain -, les seuils de pollution atteignent des sommets. Et en été notamment, mieux vaut remonter ses vitres et enclencher la climatisation, gage non pas seulement de fraîcheur, mais également d’un oxygène sain dans un habitacle isolé.
Mais toutes ces «incommodités» que l’on retrouve, au demeurant, dans d’autres grandes villes du globe, comme Istanbul, Mexico ou Calcutta, restent supportables et surmontables. Mais pas le stationnement !
Tel est le grand problème du moment pour tous ceux qui possèdent une voiture. Que ce soit pour aller travailler, ou juste pour une petite heure le temps de faire quelques magasins, on trouve difficilement où garer sa voiture. Toute l’amplitude du parc se ressent alors jusqu’au fin fond des petites ruelles, celles-là même où les horodateurs dictent désormais leur loi. Bref, entre les embouteillages que l’exiguïté de nos artères accentuent et le manque patent de parkings adéquats, on en vient à conclure que nos infrastructures routières n’ont pas été taillées pour mieux évoluer. C’est à croire qu’il y a pénurie d’urbanistes au Maroc… Ou alors, ils ne foutent rien !

 

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