Embrayage : Mieux payer la police

Les accidents de la route se suivent et ne se ressemblent que par la peine qu’il causent de part et d’autres, parfois même à ceux qui ne sont pas directement concernés. Et à ces gens-là, qui sont encore en vie, la route ne reste pas exempte de dangers, c’est même l’inverse. Les chiffres en attestent : les accidents de circulation sont, au Maroc, six fois plus élevés et plus meurtriers qu’en France !
Après chaque triste évènement, se répète le même scénario médiatique : des interviews par-ci, des déclarations par-là…où, le plus souvent, on pointe du doigt les mêmes responsables : conducteurs «délinquants», chauffeurs-chauffards, ou proprios de poids lourd irresponsables. On essaye aussi de trouver l’élément ou le fait «déclencheur», le déclic qui a directement ou presque causé l’accident. On parle alors d’un «dépassement délictueux» de la part du conducteur, de pneus usés n’ayant pas assez freiné le véhicule à temps ou encore de suspensions trop vétustes pour que l’autocar qu’elles suspendent (ou plutôt qu’elles suspendaient) ait été autorisé à voyager.
Puis on parle également de plan d’action, d’action répressive, voire préventive, de campagnes à l’échelon national, de l’achat de nouveaux équipements tels que les radars à viseurs, par exemple. Que d’éléments vrais et incontestables certes. Pourtant, l’hécatombe dure toujours. Il est quand même formidable de voir nos responsables qui tentent de faire baisser les accidents de la route en recourant à la répression par tous les moyens, mais sans vérifier qu’il y a vraiment une application scrupuleuse de la loi.
Et à ce niveau là, la responsabilité tombe sur les épaules des agents de police et autres gendarmes, dont la mission est de veiller au bon déroulement de la circulation et au respect du code de la route. Des hommes en uniforme, dont les motivations sont malheureusement de plus en plus personnelles. Si on accuse régulièrement la police de corruption, il est aussi temps de se pencher sur leur situation sociale.
Combien perçoivent mensuellement (et officiellement) ces simples «flics» ? Une question qui s’impose et qui ne semble, en tout cas, pas préoccuper les pouvoirs publics dont les salaires de certains serviteurs paraîtraient presque comme une insulte pour ces petits agents qui bronzent été comme hiver dans nos carrefours, ou sur nos autoroutes. Interrogé aux abords d’un carrefour, un agent de la circulations a affirmé percevoir un traitement de 3200 DH net… après 24 ans de bons et loyaux services !
Veiller au respect du code de la route, c’est bien, mais encore faut-il que ceux qui en sont chargés soient à l’abris de la tentation. Doter ce corps de sécurité d’un statut à la hauteur de ses multiples tâches est la meilleure protection contre toutes les dérives. En d’autres termes, revaloriser la police et mieux la payer n’est plus une option. C’est même une chose impérative afin de redonner au code de la route toute sa teneur et aux sanctions y afférentes tout leur effet coercitif. Nous pourrons alors espérer que nos routes deviendront un peu plus sûres.

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