Formule 1 : Renault boit du champagne

Formule 1 : Renault boit du champagne

Oubliez les six années d’hégémonie de Michael Schumacher et de Ferrari en Formule 1. La saison 2005 aura surtout permis aux fans de la plus noble discipline du sport automobile de savourer un tout autre spectacle. Celui des nombreux duels entre Alonso et Raïkkonen, derrière lesquels se cachait une lutte acharnée entre Renault et McLaren-Mercedes pour le titre «Constructeurs». Un dur bras de fer qui a fini par pencher au profit de l’écurie française, victorieuse au terme du Grand Prix de Chine, dimanche dernier.
Après avoir été sacré, il y a quelques semaines, Champion du monde de cette saison, Fernando Alonso a une fois de plus conjugué sagesse, agressivité et dextérité dans son coup de volant pour d’abord empocher la pole position lors des essais qualificatifs, puis lors de l’épreuve elle-même. Comme ALM l’a évoqué dans ces mêmes colonnes la semaine dernière, les monoplaces de Renault ont disputé le GP de Chine avec quelques évolutions, dont la spécification «E» du moteur RS25. Résultat : la R25 était la plus rapide monoplace du plateau.
En témoignaient déjà les vitesses de pointe atteintes par Alonso lors des essais qualificatifs, quelques heures avant le départ de la course. 341,5 km/h pour la Renault du pilote espagnol contre 334,4 km/h pour la McLaren-Mercedes conduite par «Iceman». Cette supériorité mécanique a donc grandement aidé Alonso à profiter pleinement de sa pole, épaulé par son coéquipier Fisichella, qui a réussi durant les 17 premiers tours à «bloquer» les deux flèches d’argent qui les pourchassaient.
Au 18ème tour, Alonso compte une bonne dizaine de secondes sur son coéquipier et plus sur Kimi Raïkkonen et signe même un nouveau meilleur temps de tour, à 1’33 »838. Palpitante et à rebondissements, cette dernière course du championnat s’est surtout déroulée à l’image de la saison 2005, caractérisée donc par la rivalité entre Renault et McLaren, mais aussi et surtout par une perte de vitesse flagrante de Ferrari et Schumi.
En effet, pour ces derniers, le GP de Chine fut l’occasion d’une énième grande déception et ce, malgré le fait que la Scuderia et son pilote, septuple champion du monde, aient terminé troisième aux classements Constructeurs et Pilotes. D’ailleurs, Schumi ne terminera pas la course, tout comme Juan-Pablo Montoya, abandonnera un tour plus tard (le 24ème), laissant le champ libre à celui qu’on surnomme le «boy d’Oviedo» de s’envoler devant et s’assurer la victoire. Et quelle victoire. La ligne d’arrivée franchie, tout le staff du Renault F1 Team exulte. A commencer par le champion du monde espagnol qui chante dans son radio : «we are the champions…».
Même qu’en voulant faire du bruit (et du spectacle) avec son V10, dans la ligne des stands, Alonso va tellement accélérer qu’un petit feu se déclenchera au niveau de l’échappement. Quant à sa bataille avec Raïkkonen, avec lequel il totalise le même nombre de victoires (sept) dans la saison 2005, Alonso déclare : «Kimi m’a mis pas mal de pression cette année… Nous avons beaucoup de respect l’un pour l’autre et je pense que le combat était “fair play”… On s’est bien battu». De son côté, Flavio Briatore, le manager de l’écurie, ne cache pas non plus sa joie. Après avoir été arrosé par le champagne d’Alonso, il déclarera : «C’est une grande victoire pour Renault et pour toute l’équipe.
Nous avons dominé la course ce week-end et montré que nous avons fait du bon travail cette année, avec Fernando et en tant qu’équipe. Nous avons démontré notre vélocité et notre fiabilité». Même son de cloche pour Patrick Faure, le président de l’écurie Renault, qui déclare : «Personne ne pouvait se mesurer aux Renault aujourd’hui et personne n’aurait pu nous empêcher de gagner». Puis de rendre hommage : «Ce résultat est une belle récompense pour les efforts de tous et un grand moment de l’histoire de Renault».
Visiblement, l’écurie de la marque au losange ne compte pas en rester là. Réiterer cet exploit en 2006 face à une écurie allemande revancharde ou encore à une Scuderia plus que jamais assoiffée de redorer son blason, serait la plus belle chose qui pourrait arriver à Flavio et son équipe. Un autre rêve qui n’est pas irréalisable. Il se murmure dans les paddocks que la R26 se fait déjà testée à Enstone, l’autre moitié de la base secrète de Renault.


Un bref aperçu de la saison 2006 :
Si elle consacre Renault et Alonso, la saison 2005 de F1 marque la fin de beaucoup de chose. Ainsi, outre le règne de Ferrari et Schumi qui s’achève, on assiste aussi à la disparition de l’écurie Minardi. Celle-ci, rachetée par Red-Bull, sera rebaptisée Toro Rosso et permettra au géant des boissons énergétiques d’être présent avec deux écuries dans la prochaine saison. Autres rachats d’écurie, celle de Sauber par BMW, ainsi que celle de Bar par Honda. Voilà donc deux constructeurs qui seront présents avec leur propre écurie en 2006. Et à n’en pas douter, ils ne comptent pas se contenter de seconds rôles. Au chapitre des transferts, on retiendra surtout le départ de Felipé Massa pour la Scuderia. Il prendra la place de Rubens Barichello qui, lui, tentera sa chance chez Honda. Mais c’est surtout sur le plan mécanique qu’il y aura un grand changement. En effet, l’ère du moteur V10 devrait sonner son glas, au profit d’un bloc V8. C’est ce que prévoit le futur règlement de la FIA (Fédération internationale de l’automobile), qui sera voté le 26 octobre. Un règlement qui comprend aussi d’autres changements sur le plan technique (réduction de l’appui aérodynamique…) et sportifs (format des qualifications…). Reste à voir, dans les semaines à venir, si ces nouvelles règles seront acceptées ou non par les écuries.

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