Francfort 2005 : l’auto chinoise en exhibition

Francfort 2005 : l’auto chinoise en exhibition

Ouvert au public depuis jeudi dernier et jusqu’au 25 septembre prochain, le Salon automobile de Francfort se veut certes une vitrine technologique pour les constructeurs, européens en général et allemands en particulier. Mais il y a aussi les labels asiatiques et non plus seulement les Coréens et les Japonais.
Les Chinois débarquent ! Car, avec des réseaux commerciaux encore à l’état embryonnaire en Europe, ils ont tout à gagner en étant présents à cette grande exhibition. Exposants pour la première fois dans l’un des grands Salons automobiles du Vieux Continent, trois constructeurs chinois sont, en toute évidence, en manque de légitimité. C’est, entre autres, ce qui explique qu’ils aient été relégués dans le «Hall 4» de la «Frankfurt Messe», soit à l’écart de la foule et des grands constructeurs. Par rapport à ces derniers, la présence de l’automobile chinoise vient mettre une certaine pression concurrentielle.
Pour cela, un seul mot d’ordre, ou plutôt une seule pratique : celle des prix les plus bas. Des tarifs défiant toute concurrence, comme on dit. Une raison largement suffisante pour ramener des visiteurs et des curieux sur les stands de Brillance, Geely et Jiangling. Trois marques jusqu’ici inconnues du grand public, à l’inverse de Dongfeng Motors, ou encore Shanghai Automotive Industry Corporation  (SAIC), firme qui s’est désistée du rachat de Rover au profit de Nanjing Automotive.
Sur le stand de Geely (qui signifie en chinois «bonne chance»), cinq modèles s’exhibent à travers les décibels d’une musique 100% locale. Des voitures au look dépassé et ayant pour appellations deux lettres chacune (HQ, CK, MR, BL et CD). Un peu plus contemporain, le design de la grande berline Zhonghua (voir photo en médaillon), construite sous licence BMW par le constructeur Brilliance China Automotive Holdings affiche clairement sa filiation avec l’actuelle Série 5 de la marque à l’hélice. «Sacrilège !», pourraient s’écrier les fans de BMW, surtout vers la fin de l’année lorsque cette copie conforme de la «5» débutera sa commercialisation en Europe.
Puis il y a Jiangling, firme qui s’est fortement distinguée par son 4×4, le Landwind. Un nom bateau pour un modèle presque bâtard, si ce n’est qu’il reprend les principaux détails stylistiques de l’Opel Frontera. Une silhouette qui date d’une autre époque peut-être, mais qui se fait très vite oublier lorsqu’on apprend le prix du véhicule : entre 15.000 et 17.000 euros ! Plus que du low-cost, c’est presque du dumping commercial pour la concurrence, et des prix alléchants pour le consommateur européen. D’ailleurs, le Landwind est déjà importé par un concessionnaire aux Pays-Pas, qui en a vendu plus de 400 exemplaires.
Mais s’ils attaquent par leurs prix, les constructeurs chinois ne sont pas inattaquables et ce, à plus d’un titre. D’abord par la qualité de leurs produits. Les visiteurs du Salon de Francfort ont d’ailleurs pu constater un accostage approximatif, voire un jeu dans la carrosserie de plusieurs modèles (chinois) exposés. Pas besoin, non plus, d’être un professionnel du métier pour remarquer, à bord des véhicules, la médiocrité des assemblages et des matériaux utilisés. D’ailleurs, signe que ces constructeurs ne sont pas trop sûrs de leurs autos, beaucoup d’entre-elles sont restées verrouillées sur les stands. Enfin, ultime carence et non des moindres, celle relative à la sécurité. C’est ce que dénoncent certaines associations, comme l’ADAC en Allemagne, qui estime que le Landwind par exemple, est un 4×4 dangereux.
Ladite association, qui a «crashé» ce modèle, estime qu’il peut carrément tuer son conducteur lors d’un choc même inférieur à 65 km/h, bien que celui-ci soit ceinturé. On est bien loin des 4 et 5 étoiles que décrochent de plus en plus les autres voitures (y compris les tout-terrain) lors des crash-tests EuroNCAP. Mais il n’en demeure pas moins que pour le commun des mortels et l’acheteur le plus néophyte, tous ces modèles représentent une aubaine pour accéder à l’automobile ou à un segment de véhicules d’un certain niveau, comme celui des grandes berlines et des 4×4. Les grands constructeurs et leurs représentants à travers le monde, n’ont qu’à bien se tenir. L’industrie chinoise pourrait bien se montrer menaçante dans le moyen terme.

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