Jaguar XJ : un salon d’exception

Jaguar XJ : un salon d’exception

Pendant longtemps le style d’une grande Jaguar se résumait à une ceinture de caisse horizontale, quatre projecteurs ronds et une calandre grillagée de petite taille. Bref, une silhouette au classicisme exacerbé, voire dépassé. Si bien que le renouvellement de chaque XJ n’était plus perceptible aux yeux des non-initiés, qui la considéraient comme une énième évolution du modèle originel de 1968. Et c’est pour faire table rase de tout cela que le constructeur de Coventry a, il y a quelques années maintenant, chargé ses designers de révolutionner le style Jaguar. Voilà pour dire à certains –ceux qui risqueraient de s’offusquer en découvrant pour la première fois la nouvelle XJ– que le divorce de Jaguar avec son passé était déjà consommé, puisque cette rupture stylistique avait été savamment préparée (concept-car CX-F dévoilé en janvier 2007), puis inaugurée par la XF. Quant aux autres, plus nombreux, admirateurs et qui –comme nous– ressentent quelque chose de fort face à cette anglaise, nous leur disons qu’ils ont raison. Car, entre fluidité et modernité, le nouveau vaisseau-amiral de la marque laisse difficilement place à la critique.

Une ligne stupéfiante

Pour plaire, il faut se démarquer! Et justement, comme ce fut le cas pour la XF, l’objectif d’une nouvelle orientation esthétique était de plaire à une clientèle inédite. Une nouvelle génération de Jaguaristes, pas forcément jeunes et pas non plus trop âgés. Le rajeunissement des Jaguar et de leur image fait un peu penser à ce qui s’est produit du côté de Citroën et d’Opel… Voilà pour l’analyse.
Quant au descriptif, exercice (journalistique) le plus délicat, on ne saurait l’entamer sans s’arrêter sur le faciès de cette nouvelle Jaguar. Outre une calandre grillagée agrandie, les designers ont dit adieu aux blocs de phares ronds, pour crayonner des optiques aux contours légèrement ondulés. Un regard incisif, intégrant des projecteurs directionnels au xénon et souligné par une bande droite de diodes. Des diodes, on en retrouve à profusion au niveau des feux arrière dont la forme étirée le long des ailes constitue le détail le plus étonnant de la poupe. Il suffit de voir leurs trois lamelles rouges s’illuminer, pour comprendre que les designers se sont inspirés des «griffes de chat». Félinité quand tu nous tiens… Le profil élancé, lui, est principalement dû à la forme arquée du pavillon. Ne dépassant pas 1,45 mètre de hauteur, la XJ arbore la ligne de toit la plus basse de sa catégorie. Vue d’en haut, l’auto laisse voir que son toit est découpé en trois parties. Explication : la XJ est dotée d’un toit panoramique de série. Ouvrant à l’avant et fixe à l’arrière, il se veut un prolongement subtil du pare-brise. Là encore, il s’agit d’une grande nouveauté pour la marque : c’est le premier toit entièrement vitré de Jaguar ! À noter que la monte pneumatique oscille entre 18 et 20 pouces et que le coffre (520 litres) s’ouvre et se referme électriquement. Du reste, il incombe de rappeler que cette limousine, comme bon nombre de ses rivales, est disponible (y compris chez Jaguar Maroc) en deux longueurs de carrosserie : 5,12 mètres et 5,25 m. La douzaine de cm qui les sépare va principalement à l’empattement, lequel augure dans tous les cas de figure d’une habitabilité exceptionnelle.

Construction de pointe

Au-delà d’incarner la nouvelle ère, la XJ symbolise comme ses devancières tout le savoir-faire de Jaguar. Faut-il le rappeler : le nom XJ est celui d’une automobile bénéficiant des technologies d’avant-garde. Entièrement composée d’aluminium, sa carrosserie est assemblée selon des procédés découlant de la construction aéronautique. Résultat : la XJ est bien plus légère (moins de 2 tonnes) qu’une berline équivalente en acier. Mais encore ? La sécurité passive est assurée non seulement par une foison d’airbags, mais aussi par des aciers à très haute résistance. Toute autre chose, en cas de choc avec un piéton, puisque le capot actif se soulève pour limiter le contact avec les parties dures du moteur. Sécurité toujours, l’auto dispose du régulateur de vitesse intelligent (ACC), lequel régule la vitesse, mais aussi la distance jusqu’à agir sur les gaz et les freins afin de maintenir un écart constant avec le véhicule qui précède. «Du déjà-vu», diront certains. Mais une fois à bord, ils changeront d’avis !

De la haute voltige !

Ce qui frappe le plus à bord de cette Jag’, c’est l’alliance de matériaux nobles à un très haut niveau de sophistication. Selon les finitions, les clients disposent d’un vaste choix de cuir et de boiseries. Les premières unités disponibles chez Jaguar Maroc sont des XJ à finition Portfolio, soit l’exécution la plus chic (avant la Supersport). Au menu : ciel de toit en alcantara, planche de bord en cuir intégral et sellerie en cuir pleine fleur. Une ambiance du plus bel effet, magnifiée par la présentation du poste de conduite. Le combiné d’instrumentation est entièrement numérique, soit un large écran qui s’illumine pour afficher des compteurs analogiques. Déroutant. Sur la console centrale, une somptueuse horloge analogique coiffe l’écran digital qui donne accès à tous les réglages du véhicule : climatisation, audio, réglages du véhicule, système de navigation, ventilation (air chaud ou froid) et massages des sièges avant… Toutes ces commandes, ainsi que celle de l’ouverture de la boîte à gants se font par simple toucher. On l’aura bien compris: cette anglaise n’aime pas trop être pressée par les mains. Elle préfère juste qu’on l’effleure du bout des doigts. Le système audio signé Bowers & Wilkins est relié à 20 HP dotés d’une puissance de 1.200 Watts! Sans avoir d’écrans DVD au dos des appuie-tête avant, la XJ est livrée avec un casque sans fil. À quoi sert-il ? Au passager avant qui peut regarder la TV ou un DVD, alors qu’au même moment le regard du conducteur ne perçoit sur cet écran dit «Double Vision» que des informations relatives à la conduite, comme les images transmises par la caméra de recul. Bluffant ! À ce niveau, il serait plus approprié de parler de «technologie intuitive». Il est clair que c’est à l’avant qu’il faut s’assoir pour estimer pleinement tous les progrès qui ont été accomplis. Mais ceux qui s’assiéront à l’arrière de la XJ ne seront pas non plus déçus, ayant droit aux sièges ventilés, à une climatisation individuelle et bien sûr beaucoup d’espace aux jambes. Que ce soit à l’avant ou à l’arrière, voyager à bord de ce véhicule sera assurément une expérience agréable. Ne serait-ce que pour sentir le moelleux des suspensions à air et écouter les sons du répertoire mécanique de la diva britannique.

Deux V8 et… un Diesel

Sous le capot de ce somptueux salon, sommeillent une horde de pur-sang anglais. Des chevaux que libèrent au choix trois blocs motopropulseurs. Il s’agit bien sûr du V8 de 5.0 litres, décliné en deux versions : atmosphérique (385 ch) et suralimentée (470 ch), mais aussi du 3.0 l V6 diesel de 275 ch qui équipe aussi la XF diesel (S). «C’est la première fois qu’une XJ diesel figure au catalogue de Jaguar Maroc», nous a-t-on dit. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives commerciales à la plus grande des Jaguar, dont les tarifs dépassent le million de dirhams. Logique et même raisonnable pour une telle voiture d’exception.

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