Phantom Drophead Coupé : l’héritière de la corniche

Phantom Drophead Coupé : l’héritière de la corniche

Dans l’histoire de Rolls-Royce, l’automobile décapotable est plus qu’une variante de carrosserie. C’est une spécialité anthologique. Sans trop remonter dans le temps, il n’y a qu’à voir du côté des années 80 durant lesquelles le modèle Corniche était le cabriolet élitiste par excellence. Tout le monde s’en souvient encore dans quelques productions hollywoodiennes comme «Who’s that girl ?» ayant pour vedette principale la reine de la pop, Madonna…
Aujourd’hui, et plus de trois ans après le rachat de Rolls-Royce par le groupe BMW, c’est une digne descendance qui a été créée à la Corniche à travers le modèle Phantom Drophead Coupé. Une appellation assez complexe, voire peu commerciale, que la marque britannique a choisie pour sa dernière-née. Une nouveauté qu’elle présentera officiellement lors du prochain Salon de Detroit (NAIAS), qui ouvrira ses portes dans quelques jours. Le choix d’une telle exhibition pour présenter un modèle comme celui-ci s’explique évidemment par le fait que le marché américain reste le plus potentiel pour une marque comme Rolls-Royce, opérant dans l’hyper-luxe automobile.
Quasi identique au concept-car 100 EX, la Phantom conserve le gros des atours extérieurs de la limousine dont elle dérive. Y compris pour l’ouverture antagoniste des portières qui ne sont plus que deux évidemment. La face avant évolue subtilement à travers des projecteurs affinés et recourant aux diodes électroluminescentes (LED). Toujours à ce niveau, on remarquera aussi ce magnifique capot en aluminium brossé.
Un matériau noble qui se prolonge jusqu’aux contours du pare-brise et entoure la cellule habitable. Quant à la partie arrière, si le dessin de la malle ne change pas, l’ouverture de celle-ci se fait désormais en deux parties, offrant un plateau inférieur assez grand, comme s’il allait souvent servir à pique-niquer… En fait, cette double ouverture vise surtout à rendre plus facile le chargement du coffre, surtout pour les objets longs. Car, bien qu’elle n’affiche que 315 litres, cette malle peut accueillir jusqu’à trois sacs de golf, indépendamment de la position de la capote. Et justement, l’autre particularité de cette Rolls tient à son couvre-capote réalisé en teck, un bois chic et de grande qualité, plutôt employé dans le mobilier de jardin. Du coup, et avec un tel «pont» derrière les places arrière, ce cabriolet prend des allures de yacht. Cela d’autant plus que le constructeur installé à Goodwood propose une interminable liste de tons et de coloris pouvant être combinés afin de permettre aux futurs propriétaires de «personnaliser» leurs Rolls. Au total : 9 teintes extérieures, 10 teintes de cuir, 6 placages intérieurs et 6 couleurs de capote. Il est tout aussi surprenant d’apprendre que cette dernière compte cinq couches d’épaisseur, dont un revêtement interne à base de laine et de cachemire !
Le constructeur ne donne pas trop de détails sur l’équipement, qui devrait être pléthorique… En revanche, il insiste sur la sécurité des occupants en cas de retournement du véhicule, indiquant avoir renforcé les montants du pare-brise pour les passagers avant et avoir intégré des arceaux rétractables dans les appuis-tête arrière. Chez Rolls-Royce, on aime également à préciser combien de temps faut-il aux employés, ou plutôt aux artisans ,pour assembler, à la main, cette Phantom découvrable : 350 heures. C’est dire combien il s’agit d’un travail d’orfèvre. La planche de bord est identique à celle de la limousine, tout comme les places arrière et leur habitabilité royale.
A n’en pas douter, l’heureux propriétaire d’un tel joyau n’aura jamais de problème pour accéder à n’importe quel endroit VIP de la planète. Quant au conducteur, qu’il soit chauffeur ou pas, il n’aura aucun mal à déplacer ce vaisseau amiral long de 5,6 mètres et lourd de 2,6 tonnes (soit 135 kg de plus par rapport à la limousine). Bien au contraire, puisque sous le long capot en aluminium, officie le V12 maison de 6.7 litres avec ses 460 chevaux de puissance et son couple faramineux de 720 Nm, dont les 75% sont disponibles à très bas régime (dès les 1.000 tours/min). Forte de ce V12, cette Rolls est capable de se propulser de 0 à 100 km/h en 5,9 secondes et foncer, cheveux au vent, à 240 km/h. Décoiffant !
Sur la fiche technique diffusée, le constructeur britannique n’a pas (encore) précisé les différentes valeurs de consommation. Mais partant du fait que la Phantom «normale» engloutit 16 l/100 km en moyenne et même plus de 25 litres en conduite urbaine, il ne serait pas exagéré de s’attendre à autant d’appétit sous le capot de cette nouvelle Rolls. Une consommation excessive qui ne constitue pas vraiment un défaut ou un handicap, sauf pour les «faux» riches qui n’hésiteraient pas à la qualifier d’«indécente». Cette même catégorie socioprofessionnelle n’est d’ailleurs pas le profil de ce cabriolet d’exception. Car, affichée à plus de 500.000 euros, la Phantom Drophead Coupé est tout simplement le cabriolet le plus cher au monde. Avis à la jet-set (très) fortunée…

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