Renault Clio III 1.2 16 V : le style plus que l’essence

Renault Clio III 1.2 16 V : le style plus que l’essence

La «Voiture de l’Année» 2006 est enfin disponible sur le marché marocain. Comme pour chaque lancement de nouveau modèle, Renault Maroc a convié les principaux représentants de la presse nationale à conduire la Clio III. Et c’est sur un itinéraire d’environ 285 kilomètres, reliant Casablanca à Settat que ces essais se sont déroulés. L’occasion de voir ce que vaut dynamiquement cette nouvelle venue. Mais avant d’aller dans le vif du sujet, on ne se refusera pas de commenter son design, ne serait-ce que succinctement.
Celui-ci (le design), opte en gros pour des lignes plus tendues et des éléments anguleux plutôt que les rondeurs (inutiles) de la précédente Clio. Toujours par rapport à sa devancière, la nouvelle mouture semble plus musclée, avec en plus une ceinture de caisse assez inclinée jusqu’à la partie arrière. Une poupe trapue et au style réussi, avec notamment un traitement en V de la lunette arrière.
Bref, l’ensemble ne manque pas d’originalité. Reste qu’avant toute chose, la première idée qui frappe le plus lorsqu’on est à proximité de ce véhicule, c’est sa taille plus volumineuse que par le passé et qui la positionne dans la moyenne supérieure de son segment. En termes de dimensions, cela donne 3,99 mètres en longueur (+ 17,4 cm), 1,70 m en largeur (+ 6,8 cm) et 1,49 m en hauteur (+ 6,3 cm). En d’autres termes et même si le coffre n’atteint que 288 litres (soit 30 l de plus), la Clio III a bel et bien grandi. Et ce n’est pas un propriétaire d’une ancienne Clio qui dira le contraire, une fois qu’il est monté à bord de la nouvelle. Et question habitabilité, il n’est pas exagéré de dire que la nouvelle Clio est accueillante et même presque aussi spacieuse que sa grande sœur, la Mégane, y compris aux places arrière.
A l’avant, on remarquera surtout le traitement de la nouvelle planche de bord et de sa console centrale. Un traitement qui gagne en qualité perçue… Cela, même si la finition «Pack Authentique CA» (basique, mais climatisée) de notre modèle d’essai n’a pas droit aux placages façon aluminium brossé autour des aérateurs. Idem pour quelques attentions comme les miroirs de courtoisie au dos des pare-soleil, la fonction «impulsion» pour le lève-vitre avant conducteur. «Des broutilles», diront certains… Sauf que cela nous amène à constater que sur une version de base, l’équipement, qui ajoute la climatisation manuelle moyennant 10.000 DH, se limite –concrétement- au verrouillage centralisé commandé à distance, à la direction à assistance variable, à un ordinateur de bord et aux deux airbags frontaux.
Les coussins gonflables latéraux, l’ABS et les antibrouillards, ou encore la banquette fractionnable (1/3-2/3) sont l’apanage des finitions supérieures dites «Confort» (Expression et Dynamique). Côté installation audio, le lecteur CD manque à l’appel (également réservé aux finitions Confort) et on se contentera d’un traditionnel autoradio K7 avec, toutefois, des commandes satellite au volant.
Et au volant justement, l’agrément de conduite, lui non plus, ne nous a pas convaincus. A qui la faute ? Au très modeste l.2 litre essence et son caractère presque effacé. Malgré une puissance nominale de 75 chevaux et sa culasse à 16 soupapes, ce petit bloc manque de punch sous le capot d’une voiture de ce gabarit et ce bien qu’elle ne dépasse pas 1,1 tonne sur la balance.
Indisponible à bas régime et plutôt laborieux en reprises, il est, à notre humble avis, peu suffisant pour faire de la Clio III une «voiture à vivre» mécaniquement. En revanche, force est de reconnaître les évolutions apportées à la tenue de route.
La Clio III se cramponne plutôt bien à l’asphalte, même lors des passages prononcés en courbes, tout en offrant un confort de roulement presque égal à celui d’une Mégane. Autre point positif, celui de la sobriété. Car s’il ne fait pas de la Clio un “foudre de guerre“, ce petit quatre cylindre essence que l’on a suffisamment (mais objectivement) critiqué, peut au moins se targuer d’un appétit modéré en carburant. Comptez 5,9 l/100 km de sans-plomb en moyenne (cycle mixte) et 1 litre de moins en conduite extra-urbaine (autoroute). Raisonnable.

Le verdict :
Belle à regarder, plus spacieuse et même bien construite, la nouvelle Clio mérite bien son trophée de Voiture de l’Année. On ne le contestera pas. Reste que les versions importées et plus précisément leurs configurations d’équipement ne lui sont pas vraiment avantageuses. C’est le cas de la finition de base, qui même avec l’option «clim’» s’avère plutôt pingre comme dotation pour une voiture qui se dit ayant «presque tout d’une grande». Mais surtout face à une concurrence fraîchement commercialisée sur le marché marocain et autrement plus attrayante en terme de rapport prix/équipement. On pense notamment à la Fiat Grande Punto, à la Peugeot 207 et dans une moindre mesure à la Toyota Yaris. Face à ces rivales, seules des versions plus chic de la Clio 1.2 l 16V peuvent présenter un réel intérêt pour l’acheteur averti, sauf qu’il devra mettre la main à la poche et débourser au moins 163.500 DH (Confort Authentique), voire 168.000 DH (Confort Dynamique). L’autre grief est d’ordre mécanique, puisque le 1.2 l fait de la Clio une voiture presque «sous-motorisée». On aurait préféré voir Renault Maroc opter, en essence, pour le bon 1.4 litre, qui avec son couple un peu plus élevé (127 Nm) et sa centaine de chevaux DIN, est plus à même d’offrir plus d’allant et une certaine polyvalence d’utilisation à la Clio. Du coup, les deux motorisations Diesel (dCi) se présentent comme un choix nettement plus intéressant… Mais là encore, il faudra y mettre le prix.

La technique :
4 cylindres en ligne. 1.149 cm3. Injection essence multipoint 16 soupapes. 75 ch/105 Nm. Boîte manuelle à cinq rapports. 5,9 l/100 km en consommation moyenne. 167 km/h en vitesse de pointe. Jantes en tôle et pneus de 15’’.

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