Prévention contre provocation

Prévention contre provocation

De quoi notre population, notre jeunesse ont-elles besoin ? D’éducation, de sensibilisation, de dialogue, de prévention…ou de provocation ? Quel est le rôle d’une association ? œuvrer au sein d’une société pour la faire évoluer dans le cadre de ses valeurs vers plus de progrès, de développement ou agiter un «chiffon rouge» pour l’aveugler.
Quelle est la mission d’un militant associatif, être au service d’une cause ou se servir de celle-ci ?
Chacun(e) d’entre vous -de bonne foi- aura vite fait son choix…
En traitant du thème des «grossesses imposées…quelles solutions ?» lors de son Café Politis mensuel, l’association «Marocains Pluriels» a privilégié les premiers termes : Faire œuvre de pédagogie, informer, sensibiliser, prévenir et rechercher des réponses communes. En venant accoster au Maroc, le «bateau pour l’avortement» a choisi la provocation, l’irresponsabilité, le «coup médiatique». En proposant à des femmes en situation de «désespérance» de pratiquer l’avortement clandestin sur un bateau, par des médecins étrangers -en dehors de toute légalité – on ne fait que remplacer une détresse par une autre. Quel en est donc le but réel ?
Lors du Café Politis, l’objectif était clair : aborder le sujet des grossesses non désirées et des maux qu’elles entraînent : abandons, drames familiaux, suicides, avortements clandestins…pour mener une réflexion autour de 2 grands témoins, engagés, madame Aicha Chenna et le professeur Chafik Chraibi, afin de réfléchir à des solutions (prévention, éducation sexuelle, contraception…). La démarche était pédagogique, respectueuse et prolongeait un débat de la société. Les 300 personnes présentes  -dont 80% de jeunes- n’étaient pas venues pour participer à un clip médiatique.
L’opération «bateau pour l’avortement» a produit exactement l’effet inverse, et suscité des réactions d’hostilité néfastes pour la cause même de ces femmes.
Tout ça pour ça : 3 petits tours et puis s’en vont, telles des marionnettes…
Deux démarches s’opposent: œuvrer au progrès, faire évoluer les mentalités, faire avancer les libertés individuelles sans nuire à notre cohésion ou bien provoquer, «violer» les esprits, privilégier le «coup ponctuel» au travail de longue haleine.
Les jeunes prennent en main leur destinée que ce soit au sujet du sida, de la drogue, de la parité, de l’emploi, de la violence…ils osent, ils parlent, ils inventent, ils proposent…Quel doit-être le rôle du tissu associatif, du militant ? Accompagner, donner des clés, respecter, suggérer !
Si au nom de la promotion des libertés, du progrès, on se permet de bafouer le droit, de prendre la liberté d’expression pour un «souk» informel et les jeunes pour des figurants, alors par notre lâcheté, en privilégiant l’image qui choque et ne dure qu’un instant, au détriment des mots pour guérir les maux, nous aurons permis que les générations actuelles et à venir se retrouvent face au vide, dépourvues de valeurs, de repères et aveuglées par des libertés en trompe-l’œil, de celles que produisent les mirages !
Alors que la liberté -celle qui libère réellement- se construit au quotidien, par le dialogue la pédagogie, la valeur du partage…

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