A bâtons rompus : «le court est le meilleur moyen pour se lancer»

A bâtons rompus : «le court est le meilleur moyen pour se lancer»

ALM : Vous venez de recevoir deux prix au 27ème Festival du cinéma de Montpellier, quel est votre sentiment suite à cette distinction ?
Rachid Boutounés : Depuis sa sortie, ce film voyage à travers le monde. Il a pris part à plusieurs festivals internationaux. À chaque fois qu’il participe à des rendez-vous cinématographiques, il est bien accueilli. Ce film est apprécié par le public et je ne peux donc qu’en être réjoui. Aussi, je suis content d’avoir reçu le prix de la Fondation Beaumarchais. Cette distinction prime les meilleurs films francophones. Ce prix de la Fondation Beaumarchais, doté de 3000 euros, est destiné à l’écriture d’un prochain scénario. «Une place au soleil» s’est vu aussi décerner la mention spéciale du jury dans la section courts-métrages.

Votre film "Une place au soleil" avec Hamidou Benmassoud parle du phénomène d’immigration. Ne pensez-vous pas que ce thème est assez consommé dans le cinéma marocain ?
C’est vrai que le phénomène de l’immigration revient souvent dans le cinéma marocain. Mais ça fait pas mal de temps que les cinéastes ne s’y sont pas intéressés. Je pense plutôt que ces dernières années, le cinéma marocain s’est intéressé en grande partie aux "années de plomb" exception faite de quelques films dont "À Casablanca les anges ne volent pas" de Mohamed Asli. Je dirais que le phénomène de l’immigration a  été traité plus par les réalisateurs marocains vivant à l’étranger et cela semblerait logique du fait du vécu et la richesse vient de la diversité du traitement. Mais il ne faut pas assimiler cinéma d’émigration où le sujet du film est l’émigration et les films qui racontent une histoire dans laquelle les protagonistes vivent à l’étranger. C’est le cas du long-métrage d’Ismael Ferroukhi "Le grand voyage" qui évoque la relation d’un père et son fils qui se retrouvent réunis dans une voiture pour faire le voyage de France jusqu’à la Mecque, ou encore le film de Hassan Lagzouli "Tinja". Concernant mon court-métrage, "Une place au soleil" est une histoire humaine avant d’être une histoire sur l’émigration. Les deux thèmes du film sont la vieillesse et la solitude. Ce sont les conséquences d’un choix de vie initiale qui n’est plus, ou presque plus réversible pour un homme auquel on s’attache.

Vous avez réalisé le sketch chanily TV de Hassan El Fad qui a eu d’ailleurs beaucoup de succès. Comment s’est déroulée l’ambiance de travail avec cet humoriste et acteur marocain ?
Le travail a eu lieu dans une ambiance très amicale. Nous avons eu l’occasion de nous connaître davantage. Par contre, la cadence du tournage était infernale. Nous étions pris par le temps et on devait accélérer à tout prix. Il y avait donc pas mal de pression. Une contrainte de temps.

Avez- vous rencontré des difficultés pendant le tournage ?
Le tournage s’est déroulé à l’extérieur. Cela a retardé le calendrier prévu initialement, étant donné que nous étions contraints d’interrompre le tournage pour un certain temps. Un autre point à évoquer est celui des moyens financiers. On n’avait pas suffisamment d’argent mais heureusement que cela a été compensé par les ressources humaines. Nous étions une équipe soudée qui s’est vraiment donnée à fond. C’est ce qui nous a permis de faire face à toutes les difficultés et à poursuivre notre besogne dans de bonnes conditions.

Êtes-vous de ceux qui pensent que le court-métrage est juste une passerelle, un brouillon pour pouvoir réaliser des longs- métrages. Ou bien considérez-vous que c’est un art en soi ?
Un brouillon, non. Une passerelle peut-être. Je pense que le court est une façon de se forger une personnalité dans le cinéma. Dans ce sens j’emprunterais les propos de Noureddine Saïl. Le directeur du Centre cinématographique avait, en effet, déclaré lors du festival du court-métrage de Tanger que "Le film court est le meilleur moyen pour les jeunes réalisateurs de se lancer et pour les spectateurs de découvrir ceux qui feront le cinéma de demain ». Je pense aussi tout comme Nourreddine Saïl « si le long-métrage peut être assimilé à une course de 10 000 M, le court est de sa part un 1500 M. Chaque course procure un plaisir différent". 

Quels sont vos projets dans le futur proche ?
Du travail toujours! Pour le cinéma ou la télévision, des projets sont à développer. Et d’abord, il y a l’écriture. Je me concentre sur l’écriture de scénario, une première phase pour que les idées puissent par la suite être concrétisées techniquement parlant. Je projette de préparer mon premier long-métrage. Mais, il faudrait d’abord trouver les moyens de financement pour pouvoir avancer dans le projet du long-métrage.

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