À son amant, Khadija offre la vie de son mari (fin)

Nous sommes le dimanche 13 novembre 1994. Ismaël était très heureux. C’était la première fois qu’il a été sollicité par sa femme d’être en sa compagnie, sans leurs deux enfants. Ceux-ci devaient être gardés par leur grand-mère. Vers quinze heures trente, Ismaël, accompagné de sa femme, est monté dans sa R12 et a démarré. Il n’a pas remarqué le petit taxi, à bord duquel il y avait Fettah, Khaled et Mohamed qui les suivaient. Ismaël a pris le chemin allant vers la Corniche. Quand il s’est arrêté à Aïn Diab, juste à côté de la statue du Sindibad, Fettah a demandé au chauffeur de taxi de s’arrêter. Ismaël et sa femme ont descendu de la voiture. Khadija a demandé à son époux d’aller vers la plage. Ils ont marché sur les sables. Les lieux étaient presque déserts. Vers dix-sept heures, le couple s’apprêtait à retourner vers leur véhicule. Seulement, deux jeunes hommes, Khaled et Mohamed, lui ont barré le chemin. Ils se sont fait passer pour des voyous qui avaient l’intention de les assaillir. Sans armes blanches, ils lui ont demandé de leur remettre tout ce qu’ils portaient sur eux. Et d’un geste rapide, Ismaël est arrivé à donner un coup de poing au visage de Khaled. Celui-ci a reculé. Mohamed a arrêté d’attaquer. Malheureusement, une troisième personne, Fettah, en cagoule qui semblait être cachée derrière un rocher est apparue armée d’un couteau. Il l’a surpris par un premier coup lardant sa main gauche, puis un deuxième blessant sa tête et un troisième perforant sa poitrine. Ismaël a perdu son équilibre, est tombé par terre et a perdu connaissance. Les trois jeunes hommes lui ont subtilisé une somme de trois cents dirhams avant de prendre la poudre d’escampette. Khadija demandait secours. Quelques curieux l’ont rejoint. La police a été alertée. Ismaël a été évacué vers l’hôpital pour être soigné. Seulement, son état de santé était jugé très grave. Un mois plus tard, Ismaël était encore au service de la réanimation à l’hôpital. Khadija qui lui rendait, de temps en temps, visite, continuait à rencontrer Fettah et à partager avec lui le même lit au domicile de sa mère ou bien chez elle. L’enquête policière se poursuivait encore, mais sans résultat. Dimanche 12 février 1995, vers vingt heures, Ismaël a rendu l’âme après avoir passé trois mois au service de la réanimation. Sa femme sanglotait et recevait les condoléances. Mais, trois jours plus tard, elle a commencé à rencontrer son bien-aimé, Fettah. Les limiers de la police judiciaire à Casablanca n’ont pas baissé les mains. Au contraire, ils ont entamé un travail de fourmi qui a donné, enfin, ses fruits. C’était Khadija et son amant, Fettah, qui ont orchestré le meurtre d’Ismaël et ce, avec la complicité de Mohamed et Khaled. Tous les quatre ont été arrêtés et traduits devant la justice. En fait, ils ont tous avoué leur crime qui a coûté la vie à Ismaël. En décembre 1995, la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca a jugé Khadija et son amant, Fettah, coupables d’homicide volontaire avec guet-apens et préméditation et vol qualifié et les a condamnés à la peine de mort. Quant à leurs deux complices, Khaled et Mohamed, ils ont écopé de trente ans de réclusion criminelle chacun. 

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