Ahmed Taoufiq défend le modèle de tolérance véhiculé par le Maroc

« Le Maroc jouit d’un rayonnement exceptionnel à l’étranger et, notamment, en Afrique sub-saharienne », d’où « le devoir de le nourrir et de le perpétuer », a souligné M. Taoufiq, dans une interview publiée dans un hors-série (septembre 2003) consacré au Maroc par l’hebdomadaire « Jeune Afrique l’Intelligent ». M. Taoufiq, dont les propos ont été recueillis à Rabat par Jacques Bertoin, a indiqué que « le mode de comportement unique accepté par l’Islam est celui du dialogue. Il n’est pas celui de la discorde mais de la miséricorde », notant qu' »il ne doit jamais y avoir de monopole d’expression en matière religieuse ». Présenté, dans un portrait brossé par Jacques Bertoin, comme un défenseur de « +l’exception religieuse+ marocaine, aux antipodes du traditionalisme borné et d’un modernisme oublieux de l’histoire ». Sans dissimuler l’ampleur de la tâche, M. Taoufiq insiste sur « l’énorme travail à accomplir pour que s’établisse un dialogue interne entre extrémistes et modérés », notant que « les termes pour orienter ce dialogue seront l’intégration, la reconnaissance de notre tradition culturelle historique, l’éducation politique et +citoyenne+, l’aspiration au parachèvement de l’Etat de droit dans un processus démocratique, et la conviction partagée que notre développement doit se faire dans l’équilibre entre tradition religieuse et ouverture sur la modernité ». A une question sur « le péril islamiste », M. Taoufiq a tenu à préciser que « ce domaine a toujours existé, avec ses questions et ses réponses, ses articulations et ses modes d’adaptation », notant en revanche que la nouveauté réside dans « la découverte de décalages entre certains discours religieux et les réalités de la société : les manques, difficultés et blocages relatifs à son développement économique et social ou à son niveau éducatif et sanitaire ». Il est clair, a-t-il dit, que les référents théoriques et idéologiques les plus proches des masses ne peuvent être que ceux de la religion dans la mesure où ils sont tous dérivés de la notion axiale de la justice, ajoutant que cet état de fait met le ministère des Habous et des Affaires islamiques dans l’obligation « d’exercer toute sa vigilance ».

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