Amina Benbouchta : «Transgresser les codes de la peinture, c’est ce qui me passionne»

Amina Benbouchta : «Transgresser les codes de la peinture, c’est ce qui me passionne»

ALM: Des critiques comparent parfois votre travail à celui de Fouad Bellamine. Qu’en est-il des œuvres exposées actuellement?
Amina Benbouchta : Les œuvres actuellement exposées à la galerie Matisse explorent un univers de plus en plus personnel, un monde intérieur ancré dans ma pratique de la peinture. L’histoire de l’art et les œuvres que l’on aime, le travail des artistes qui nous touchent ne peut qu’habiter mes toiles, mais je ne pense pas être dans le sillage d’un artiste en particulier. Par contre, le travail engagé de Bellamine peut être une école pour beaucoup, et j’ai toujours apprécié ses critiques constructives sur mon travail, ses analyses sur le devenir de l’art. L’accrochage actuel chez Matisse met en avant une cohérence approfondie de ma démarche, qui cherche à mettre en avant la face invisible, continue du monde, réinterprété par un code très personnel mais qui me semble très clair pour chacun. Déposer un doute sur notre lecture du monde, transgresser et explorer les règles et les codes de la peinture et du regard que l’on porte aux choses et aux autres est ce qui me passionne le plus dans mon travail.

Une monographie consacrée à votre parcours vient d’être publiée. Parlez-nous en?
La monographie éditée par la galerie Matisse est le long travail d’une collaboration entre un écrivain, Bernard Collet, dont le texte est un vrai texte critique,et de deux galeristes qui s’engagent véritablement à promouvoir le travail d’un artiste. Pour moi cela représente une plus large diffusion de mon travail,mais surtout un aboutissement,la possibilité
de visionner un parcours et d’en saisir plus facilement la teneur.Ce sera aussi le meilleur soutien pour continuer a travailler sans oublier aucun territoire exploré. Le livre permet aussi de réaliser la réelle cohérence cachée dans un travail,logique qui peut passer inaperçu si on ne se permet pas ce regard plus large.

Que vous a apporté l’ expérience au sein du collectif 212, ainsi que votre engagement avec l’association La Source du Lion ?
Nous étions sept artistes à créer le collectif 212 de toutes pièces, initiative qui nous a permis de souligner ce que la scène officielle de l’art contemporain semble ignorer: l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes artistes marocains qui n’ont rien a envier à la scène internationale, et qui oeuvrent pour l’image de leur pays dans une grande indifférence. Le collectif nous a permis de mieux nous connaître, et de réunir nos énergies, d’analyser les problèmes auxquels nous sommes confrontés, de définir nos trajectoires personnelles. La Source du Lion a réussi a avoir un espace d’exposition indépendant, où nous organisons des expositions, des résidences d’artistes, des projets où la liberté de l’artiste prime. Ce lieu est précieux et a besoin d’être soutenu ou il risque de disparaître et avec lui une partie de l’indépendance de la création contemporaine. J’organiserai une exposition en janvier où j’aurai la chance d’explorer une face plus sombre de mon travail et de montrer au public des œuvres qui dérangent volontairement.

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